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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 21:58

Organisée chaque premier vendredi de mars par un mouvement oecuménique (diverses confessions chrétiennes) de femmes dans le monde entier, la prière est composée par les femmes d'un pays en particulier, qui partagent des informations sur leur pays, leurs difficultés; la collecte est dédiée à des actions humanitaires de diverses Eglises dans le pays concerné.

Les hommes sont bien entendu bienvenus pour participer aux célébrations.

Le déroulement de la célébration, qui sera suivi en de nombraux lieux et pays autopur du monde, est en cette année 2015 préparé par les femmes des Bahamas. Au-delà de l'image de paradis climatique ou fiscal qu'on peut en avoir, des personnes y vivent et parfois souffrent...

Thème: "Comprenez-vous ce que j'ai fait pour vous?" (parole de Jésus après le lavement des pieds mais valable plus largement)

Voir: http://jmp.protestants.org/ (le site est hébergé par la Fédération Protestante de France mais s'adresse bien à tous les chrétiens et personnes de bonne volonté)

Pour les lieux et dates, le 6 mars (date "officielle") ou parfois les jours suivants: http://jmp.protestants.org/index.php?id=32353 (il se peut que certains manquent car organisés sur place et non signalés: regarder les panneaux d'affichage de votre Eglise et des autres confessions...)

(Note/P.S. technique: ceci est le premier article depuis le changement de la plateforme Overblog: ceci a notamment permis qu'il soit dans 2 catégories à la fois... Bonne lecture - et n'hésitez pas trop à faire des commentaires!)

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 07:00

Tout l'été, le blog a publié deux séries de conférences sur la famille, proposée par le diocèse de Paris. Les célibataires qui choisissent la vocation au mariage gagnent à se rendre aux conférences dédiées au couple chrétien, pour apprendre des notions qui leur échappent (amour conjugal, chasteté, le don, la gratuité du don, la récirprocité du don) ou fortifier ce qu'ils savent déjà.

A cette conférence, il y a un document préparatoire qui est une excellente opportunité pour travailler sur la vocation au mariage. Tous les éléments dans la version pdf aident à une meilleure compréhension du mariage chrétien. Bonne lecture!


Être époux, être épouse :

fonder la relation et la vivre à tous les âges de la vie  (5e partie et questionnaire préparatoire)

Module diocésain de formation, saint Jean-Baptiste de la Salle, 27 novembre 2010
par le Père Jacques de Longeaux
Texte intégral
Document préparatoire en pdf (lecture recommandée)
Source : http://www.paris.catholique.fr

Conclusion

L’amour conjugal tel que je l’ai décrit, cet amour propre aux époux, qui enveloppe le bien de la personne tout entière, qui s’exprime dans les gestes de tendresse de l’homme et de la femme, et l’union des corps, peut paraitre un idéal bien éloigné de la vie concrète des couples affrontés à la difficulté d’aimer, menacés par l’échec et la rupture. La perspective de la théologie n’est pas celle de la statistique.

L’Église ne prétend pas décrire le monde tel qu’il va, la relation de l’homme et de la femme telle qu’elle est. Elle met en évidence une vérité de l’amour humain qui certes n’est jamais pleinement ni parfaitement réalisé, qui certes est une tâche à accomplir plutôt qu’un acquis dont on pourrait jouir tranquillement ; mais qui pourtant n’est pas une utopie, un idéal illusoire, une projection de désirs ancrés dans notre inconscient et qui devraient un jour se briser sur le roc de la réalité. Elle travaille de l’intérieur la pâte humaine, si lourde, si opaque. Elle oriente nos efforts, elle nous indique une direction. Elle ne condamne certainement pas, celles et ceux qui sont affrontés à l’échec de leur mariage, qui ont subi une rupture. Ceux-ci demeurent époux, en même temps que parents, malgré l’interruption de la communauté de vie.

L’Église porte au monde la bonne nouvelle de l’amour. Elle puise dans sa foi au Christ qui nous a aimés jusqu’au bout l’assurance que l’amour, le véritable amour conjugal fidèle pour la vie, n’est pas un rêve impossible, malgré nos fragilités et nos chutes, malgré les déchirures et les déceptions. Cet amour, affirme le concile (toujours au §1 de Gaudium et Spes 49) « le Seigneur, par un don spécial de sa grâce et de sa charité a daigné le guérir, le parfaire et l’élever ». En effet, seul l’amour de Dieu, répandu dans nos cœurs, nous permet de nous donner en vérité : « Associant l’humain et le divin, un tel amour conduit les époux à un don libre et mutuel d’eux-mêmes ».

La grâce du sacrement ne se superpose pas à la réalité naturelle du mariage, l’amour divin – la charité, l’agapé – ne grandit pas en chassant l’amour humain, en prenant sa place, y compris ses composantes physiques et affectives. Mais il l’assume, le purifie, et le conduit vers sa perfection, le don réciproque.

 

 

Sommaire

1e partie : L’égale dignité personnelle de l’homme et de la femme

2e partie : L’alliance conjugale

3e partie : Un amour qui enveloppe le bien de toute la personne

4e partie : Un amour qui enveloppe le bien de toute la personne (suite)

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 07:00

Être époux, être épouse :

fonder la relation et la vivre à tous les âges de la vie  (4e partie)

Module diocésain de formation, saint Jean-Baptiste de la Salle, 27 novembre 2010
par le Père Jacques de Longeaux
Texte intégral
Document préparatoire en pdf (lecture recommandée)
Source : http://www.paris.catholique.fr


3. Un amour qui enveloppe le bien de toute la personne (suite)

 

Mais, nous savons que le sentiment change avec le temps. L’amour passionné devient une amitié profonde, moins fusionnelle, plus mûre, plus ouverte. Il y a un risque à identifier l’amour conjugal au transport amoureux des premiers temps. Si c’est le cas, la banalité du quotidien, au lieu d’être le lieu de l’amour, apparaîtra comme son fossoyeur. Et l’on cherchera à revivre avec quelqu’un d’autre l’état amoureux qui nous avait rendu, pour un temps, apparemment heureux en transfigurant la réalité.

Nous avons un corps et une affectivité, mais nous avons aussi une raison et une volonté. On ne fait plus aujourd’hui de mariage de raison, dans lequel on tient ensuite par un acte de la volonté, en prenant sur soi, parce que c’est notre devoir. Mais le risque est inverse : au nom de l’amour, exclure la raison et surtout la volonté.

Or le véritable amour conjugal inclut, intègre, la raison et la volonté. La raison : il ne faut pas s’engager dans un mariage dont on a toutes les raisons de penser qu’il ne pourra pas tenir. Il faut réfléchir un peu, ne pas se laisser aveugler par le sentiment. On rencontre aujourd’hui le problème inverse : la difficulté de s’engager, parce qu’on voudrait être certain de ne pas courir à l’échec. De là, la pratique aujourd’hui très répandue de vivre ensemble avant le mariage, afin de vérifier si l’on est bien ensemble. On sait d’ailleurs que cela n’empêche pas les divorces, au contraire, car on ne peut pas fonder un mariage seulement sur le constat que « ça marche ».

C’est là qu’intervient la volonté. Le mariage est fondé sur une décision commune de construire une union, une famille ; sur la volonté d’affronter ensemble les difficultés qui pourront surgir. Nous disposons aujourd’hui de tous les moyens de conseil conjugal pour aider un couple à traverser une épreuve, à surmonter une crise. Encore faut-il que l’un et l’autre le veuillent, qu’ils en aient la volonté.


La définition classique, théologique de l’amour est : vouloir le bien de l’autre. Il ne faut pas entendre ici le verbe « vouloir » dans un sens volontariste. La volonté est d’abord un attrait, un élan, vers un bien conforme à la raison, un bien véritable qu’il convient d’aimer. Vouloir le bien de l’autre dans le mariage, c’est lui être attentif, partager ses joies, être à ses côtés dans ses difficultés, l’accueillir comme il est, ne pas l’écraser, ni le diminuer parce que l’on est déçu qu’il/elle ne soit pas conforme à l’idéal que l’on s’était représenté, le soutenir dans ses projets, l’écouter quand il a besoin de parler, se taire quand il préfère rester silencieux, être son aide, son allié(e) en toute circonstance, l’aider à progresser humainement, spirituellement, le corriger éventuellement en faisant passer les messages avec cette intelligence du cœur qui fait que le conjoint ne sera pas blessé, ou avec humour, sans lui faire la leçon. Se marier c’est gagner un allié pour la vie !

Tout cela relève de l’intelligence du cœur et d’une inclination de la volonté, qui surmonte les réactions spontanées de l’affectivité. C’est ici qu’il faudrait parler du pardon et de l’obéissance réciproque dont le modèle est la relation d’amour et de service du Christ et de l’Église (cf. Ep 5,21-32). Mais chacun des ces deux thèmes pourrait occuper à lui seul toute une conférence.

Corps, affectivité, raison et volonté, à quoi il faut ajouter le cœur. Ce centre le plus intime de la personne, le lieu de la rencontre avec Dieu selon la tradition spirituelle, cette part de la personne qui échappe toujours et qui fait que l’autre demeure un mystère. Heureusement qu’il en est ainsi ! Si je prétends connaitre parfaitement mon conjoint ou mes enfants, il y a bien des chances que je l’emprisonne dans une idée toute faite et que mon « amour » soit étouffant ! L’amour suppose le respect du mystère de l’autre, créé par Dieu, destiné à la vie éternelle. Il y a en chacun de nous un fond irréductible de solitude qui est le lieu de la présence de Dieu. C’est là aussi, comme je l’ai déjà dit, que la liberté a sa racine et que s’origine l’amour.

Il reste deux dimensions essentielles de la personne que le véritable amour conjugal intègre : la dimension temporelle et la dimension sociale. Sous ces deux aspects c’est l’ouverture à l’autre, et plus généralement l’intégration de l’altérité, qui est en jeu.
Dimension temporelle : chacun est situé dans une histoire. Il est marqué par cette histoire, il en est en partie le fruit. L’amour conjugal assume le passé de l’être aimé, il ne peut pas faire comme s’il n’avait pas existé. Mais surtout, le consentement matrimonial fonde une histoire commune, une histoire pour la vie. Être époux, épouse, c’est avancer ensemble dans la vie, et non pas rester fixés à un moment, à une période de la relation, l’éblouissement initial par exemple, ni chercher à retrouver, à répéter, l’état amoureux du commencement (quel qu’il ait été : il n’y a pas de modèle unique, chaque couple, et chacun dans le couple, est différent).

Se marier, c’est croire que le temps qui passe est la chance de l’amour et non pas sa perte, parce que c’est avec le temps seulement qu’on peut connaitre vraiment l’autre (et se connaitre soi-même) et l’aimer en vérité. Le mariage est une relation ouverte en avant d’elle-même et non pas nostalgiquement tournée vers le passé.


L’enfant est par excellence celui qui ouvre la relation conjugale vers l’avenir. Avec l’enfant les époux s’inscrivent dans la succession des générations. Ils transmettent la vie qu’ils ont reçue. Leur amour s’enrichit de la responsabilité qui leur incombe, des joies partagées, des difficultés portées ensembles. De façon générale, le véritable amour conjugal aspire à la fécondité, à construire quelque chose. Don mutuel des époux, il veut donner à son tour. Ensemble, donner la vie ! Tel est certainement l’un des critères de la maturité d’une relation amoureuse : est-ce que je suis prête à vouloir que cet homme soit le père de mes enfants ? Est-ce que je suis prêt à vouloir que cette femme soit la mère de mes enfants ? Que mes enfants soient nos enfants ? Les couples sans enfant, ou ceux qui ont des difficultés à avoir un enfant, témoignent par leur souffrance même, combien le désir de fécondité est inscrit au cœur de l’amour conjugal. Il y a d’autres fécondités, mais elles ne remplaceront jamais tout à fait l’enfant qu’on n’a pas eu. Assumer l’épreuve n’est pas la nier.


 Les époux exercent un service responsable de la vie, d’une vie qui vient de plus loin qu’eux. L’enfant n’est pas d’abord, ni seulement, la réalisation de leur désir d’enfant, de leur « projet parental ». Par ce service de la vie (Vatican II parle à ce propos de « ministère », Gaudium et Spes 51 § 3), ils collaborent à l’amour créateur de Dieu.

La dimension sociale, enfin. Lorsqu’on tombe amoureux, on est seul au monde. Mais assez vite, on s’aperçoit que l’autre a une famille, des amis, des collègues de travail. Une étape est franchie le jour où l’on commence à parler de son ami(e) à sa famille, le jour où on le (la) présente à ses amis. Lorsqu’on se marie, on est intégré dans la famille de son conjoint, et l’on sait que cela ne se fait pas toujours sans difficulté. Et que dire du groupe des copains du mari, des copines de la femme ! Une certaine vie sociale du mari et de la femme à l’extérieur du couple semble importante pour son équilibre. Les époux ne sont pas obligés d’être toujours et tout faire ensemble. Sur ce point, il n’y a pas de règle, chaque couple trouve son propre équilibre (qui peut varier au cours de l’existence).


Plus fondamentalement, le mariage fondement de la famille s’inscrit dans la société. Il n’est pas la partie purement privée et intime de l’existence. Tant que la relation amoureuse est jalousement préservée dans la sphère privée, elle n’a pas encore atteint la maturité d’un amour conjugal. Un mariage, une famille, est une petite société, une société domestique, qui est en interaction avec la grande société. Le mariage est une institution sociale parce que le bien de la société et son avenir reposent en partie sur le lien familial et sur la famille. De même, le mariage de deux baptisés constitue une « petite Église », une « Église domestique » (cf. Familiaris Consortio 49).

C’est pourquoi le « mariage à l’Église » n’est pas une célébration privée, seulement amicale et familiale. Elle a un caractère ecclésial. Le prêtre représente le Christ qui unit les époux dans le sacrement (ce n’est pas le prêtre qui est ministre du sacrement de mariage, mais c’est bien le Christ qui agit à travers l’échange des consentements des époux), mais il représente aussi l’Église, témoin de l’union de deux des siens, de ses enfants, heureuse de ce nouveau couple chrétien qui se constitue.

Dans la mentalité individualiste dominante, cette dimension sociale du mariage et de la famille est souvent sous-estimée, voire oubliée. Elle est pourtant très importante. Un mariage, une famille s’inscrivent dans la société et doivent être ouverts au monde qui les entoure. Les époux doivent préserver du temps pour eux et pour leurs enfants. Mais ils doivent être aussi présents au monde dans lequel ils vivent, sensibles aux besoins de la société et de l’Église, prêts à répondre à leurs appels, dans la mesure de leur possibilité, sans mettre en danger l’équilibre conjugal et familial.


Sommaire

1e partie : L'égale dignité personnelle de l'homme et de la femme

2e partie : L'alliance conjugale

3e partie : Un amour qui enveloppe le bien de toute la personne

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 07:00

Le sujet de la chasteté dans le couple chrétien est incontournable. Pour les lecteurs et lectrices du blog qui confond avec hâte chasteté et continence, nous leur suggérons d'approfondir ce thème de toute urgence. Une telle méprise entraîne des choix hasardeux et conduit à l'échec certain. Pour être chaste, encore est-il besoin de s'informer sur cette vertu qui ouvre la porte au bonheur conjugal. Pour résumer, la chasteté a trait au respect mutuel entre les époux. Bonne lecture!


« Être époux, être épouse :

fonder la relation et la vivre à tous les âges de la vie » (3e partie)

Module diocésain de formation, saint Jean-Baptiste de la Salle, 27 novembre 2010
par le Père Jacques de Longeaux
Texte intégral
Document préparatoire en pdf (lecture recommandée)
Source : http://www.paris.catholique.fr

3. Un amour qui enveloppe le bien de toute la personne

Encore faut-il s’entendre sur ce qu’est cet amour conjugal. J’en viens à cette expression de Gaudium et Spes (49 §1) que j’ai citée en commençant : L’amour conjugal « enveloppe le bien de toute la personne ». « Toute la personne » : qu’est-ce à dire ? Loin de toute vision dualiste qui oppose le corps et l’âme, ou encore la liberté à la nature, l’Église tire de sa réflexion sur la Parole de Dieu et sur les données de l’expérience, une vision unifiée de la personne : l’homme est un de corps et d’âme (GS 14 § 1). Le bien de la personne toute entière est donc à la fois corporel et spirituel. L’amour conjugal intègre toutes les dimensions de la personne.

La dimension physique tout d’abord. L’amour conjugal et lui seul comporte une dimension sexuelle. L’Église, contrairement à ce que l’on lit parfois, n’est pas hostile à la sexualité. Mais elle estime que la sexualité n’atteint sa pleine valeur humaine et éthique qu’intégrée à un véritable engagement d’amour ; dans le cas de l’amour conjugal, au don personnel mutuel d’un homme et d’une femme. J’ai employé un verbe qui nous donne une des clefs de l’enseignement de l’Église : « intégrer ».

Là où notre société s’acharne à dissocier les différentes dimensions de l’amour, l’Église propose une vision intégrée. L’Église n’est pas « contre » le plaisir, mais elle met en garde contre le plaisir recherché pour lui-même, en dehors de la relation et en dehors de l’engagement. Nous savons bien qu’un mariage fondé uniquement sur l’attrait physique ne peut pas durer. L’attrait seulement physique n’est pas l’amour conjugal. Mais l’amour conjugal intègre l’attrait physique. Une difficulté sur ce plan – et l’on sait qu’elles sont nombreuses – est un obstacle que les époux doivent sérieusement considérer, dont ils doivent parler, car il met en danger leur relation. La sexualité est appelée à être intégrée, tant bien que mal, à la relation de personne à personne. Une sexualité chaste favorise l’amour. Elle est l’expression, la célébration corporelle de l’amour conjugal.

Nous avons une affectivité. C’est le niveau du sentiment amoureux, auquel beaucoup identifient purement et simplement l’amour. L’état amoureux est exalté, chanté, décrit, exploré sans relâche. Il semblerait qu’il n’y ait pas d’autre moyen d’être heureux que d’être amoureux (d’où la difficulté à comprendre et à accepter l’engagement dans la vie consacrée, où l’on renonce à la vie amoureuse, du moins à ce niveau).

La passion amoureuse, qui semble saisir les individus malgré eux, qui les aveugle, et qui a partie liée avec la mort, est à la fois admirée et redoutée. Mais le sentiment amoureux, lui, est devenu le vrai dieu de notre époque. Il n’y a de mariage que mariage d’amour. Et lorsqu’il n’y a plus d’amour – entendons ici le sentiment amoureux – il faudrait se séparer – c’est presque devenu une norme sociale – pour ne pas être malheureux, ni hypocrite (je me souviens qu’un jour, dans le train, alors que je lisais dans le Concile Vatican II le passage où le mariage est défini comme une « communion intime de vie et d’amour » (Gaudium et Spes 48), ma voisine, fort intéressée par ma lecture, s’est penchée sur mon épaule et m’a dit : « voyez, s’il n’y a plus d’amour, il n’y a plus de mariage ». Je lui ai alors suggéré de lire ce qui était dit après sur le véritable amour conjugal !)

On identifie l’amour avec le sentiment amoureux. Or, si le véritable amour conjugal intègre le sentiment amoureux (la dimension affective, la tendresse), il ne s’y limite pourtant pas. Comprenez-moi bien : il est bon que, désormais, les mariages soient des mariages d’amour. J’ajoute qu’il est essentiel que les époux veillent tout au long de leur vie conjugale à la qualité de leur relation, pour ne pas devenir progressivement des étrangers vivant côte à côte.

D’où la nécessité vitale de se garder du temps pour tous les deux, de demeurer époux alors que l’on est devenu parents. Consacrez à votre couple et à vos enfants ce que vous avez de plus précieux parce que c’est ce qu’il y a de plus rare : du temps. Non pas pour régler des comptes, mais pour goûter la joie d’être ensemble.

Les rythmes professionnels (et les difficultés de la vie professionnelle), les obligations familiales, rendent la chose difficile. Il faut savoir éteindre la télévision, l’ordinateur et le téléphone pour être tout entier présent à l’autre. Être tout entier présent à l’autre… N’est-ce pas cela aimer ? L’amour a besoin d’être nourri par l’attention à l’autre, la tendresse, les plaisirs partagés. Je pense à la cuisine par exemple ! (je m’empresse de préciser que ce ne sont pas seulement les femmes qui font la cuisine…). Toutes ces petites choses sont importantes et participent à la qualité de la relation conjugale.

 

Sommaire

1e partie : L'égale dignité personnelle de l'homme et de la femme

2e partie : L'alliance conjugale

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 07:00

Être époux, être épouse :

fonder la relation et la vivre à tous les âges de la vie (2e partie)

Module diocésain de formation, saint Jean-Baptiste de la Salle, 27 novembre 2010
par le Père Jacques de Longeaux
Texte intégral
Document préparatoire en pdf (lecture recommandée)
Source : http://www.paris.catholique.fr

2. L’alliance conjugale

La communion conjugale qui unit deux personnes, un homme et une femme, différents et d’égale dignité, n’est pas une fusion où les personnalités propres de chacun disparaitraient. Elle est une alliance où, grâce à l’amour, chacun peut grandir et affermir sa personnalité. Certes, le mariage comme tout engagement, implique des choix et le renoncement à déployer certaines potentialités. Mais c’est pour mieux se réaliser en vivant avec l’autre et pour l’autre, en construisant ensemble un mariage, une famille.

La révélation biblique manifeste la profondeur de l’alliance personnelle entre les époux. Cette alliance n’est pas une simple association que l’on pourrait dissoudre lorsqu’elle n’apporte plus satisfaction. Pour les baptisés, l’union du Christ et de l’Église est à la fois la source et le modèle de l’union conjugale, de cette communion d’amour de l’homme et de la femme. Par le sacrement, leur union est assumée dans l’alliance nouvelle, dont les époux sont appelés à être les signes, les témoins.

Le ‘oui’ qu’ils se disent l’un à l’autre, le jour du mariage et chaque jour de leur vie, est porté par le ‘oui’ sans réserve, irrévocable du Christ à l’Église, son épouse. Et par le ‘oui’ que l’Église en retour dit au Christ, son époux. Ce double ‘amen’ du Christ à l’Église et de l’Église au Christ est le cœur et le sommet de la célébration eucharistique, cet ‘amen’ que l’assemblée proclame à la fin de la prière eucharistique.

C’est en Jésus-Christ que se révèle la qualité de l’amour que les époux chrétiens doivent se porter (cf. Ep 5, 21-32 ; 2 Co 1, 19-20 ; Jn 13, 1-17). Je viens d’employer un mot impressionnant. J’ai dit : l’amour que les époux doivent se porter. Nous comprenons bien que nous ne sommes pas ici d’abord dans le domaine de la morale, du moins d’une morale d’obligation. Les époux reçoivent de Dieu la grâce de s’aimer comme le Christ nous aime. Leur effort quotidien est porté par le don qu’ils ont reçu. Cette affirmation est objet de foi et d’espérance (le propre de notre foi chrétienne est de croire en la grâce, le don de Dieu qui suscite notre effort, le soutient et fait qu’il porte du fruit).

Je sais bien qu’elle se heurte bien souvent, trop souvent, aux démentis apparents de l’expérience. Nous savons qu’un idéal élevé de l’amour peut se muer en désillusion et tourner au scepticisme. Nous entendons trop souvent autour de nous : l’amour est un piège, chacun au fond n’agit qu’en vue de son propre intérêt, le don est une illusion romantique, il est impossible de se lier à l’autre pour la vie. N’est-ce pas ce qu’on nous répète sans cesse ? Et pourtant nous aspirons à aimer !

C’est là où paraît combien le message de l’Église sur le mariage, unique, indissoluble, est véritablement une bonne nouvelle et non pas un carcan que l’Église, supposée ennemie de la liberté, chercherait à imposer aux individus pour défendre un ordre social nécessairement aliénant et répressif. Ce que l’Église annonce, ce en quoi elle croit et espère, c’est que l’amour est possible, un amour pour la vie, une alliance qui comble parce que chacun recherche d’abord le bien de l’autre au lieu d’être centré sur soi. Sans nier que ce chemin d’amour est exigeant et qu’il se heurte à des obstacles, il est une bonne nouvelle.

Combien de fois ai-je entendu des fiancés me dire dans la préparation au mariage : « Nous aspirons à nous aimer pour la vie, mais nous avons peur que ce ne soit pas possible, il y a tant de divorces autour de nous ». L’Église est dépositaire d’une bonne nouvelle : l’évangile de l’amour véritable, de l’amour possible, manifesté dans la personne du Christ, communiqué par le don de l’Esprit (cf. Rm 5,5).

Sommaire

1e partie : L'égale dignité personnelle de l'homme et de la femme

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 07:00

Pour découvrir la réalité de l'amour conjugal, voici une conférence passionnante du diocèse de Paris sur le thème de la famille. Un volet entier est consacré au couple chrétien, sujet qui relève du véritable suspense et jeu de pistes pour les célibataires chrétiens. Choisir la vocation au mariage, c'est une première étape. Vivre l'amour conjugal pour fonder une famille chrétienne, c'est la deuxième étape. Le chemin de liberté intérieure est souvent ce qui manque chez les célibataires qui hésitent à s'engager, ce n'est pas une banalité de le rappeler tant cette vérité est évidente pour ceux qui la connaissent, et demeurent un vrai mystère pour ceux qui en ignorent jusqu'à son existence. Bonne lecture!


Être époux, être épouse :
fonder la relation et la vivre à tous les âges de la vie
(1e partie)

Module diocésain de formation, saint Jean-Baptiste de la Salle, 27 novembre 2010
par le Père Jacques de Longeaux
Texte intégral
Document préparatoire en pdf (lecture recommandée)
Source : http://www.paris.catholique.fr

Introduction

Il y a quelques années je me trouvai avec un groupe de jeunes adultes pour un camp d’été, et lors d’une soirée d’échanges et de réflexion, ils m’ont posé la question suivante : comment savoir si tel garçon ou telle fille que j’aime est « le bon » ou « la bonne » ; c’est-à-dire celui ou celle avec lequel (laquelle) je vais pouvoir m’engager pour la vie ?

Dans ma réponse, une phrase du Concile Vatican II m’est venue à l’esprit. Au numéro 49 de la constitution pastorale Gaudium et Spes sur « l’Église dans le monde de ce temps », qui traite de l’amour conjugal, on lit ceci : « le véritable amour entre mari et femme (…) éminemment humain puisqu’il va d’une personne vers une autre personne en vertu d’un sentiment volontaire, (…) enveloppe [embrasse] le bien de toute la personne ». Pour réfléchir avec vous sur ce que c’est qu’être époux et épouse, il m’a semblé bon de méditer à partir de cet enseignement des pères du Concile Vatican II sur « le véritable amour conjugal ». J’aborde ce sujet d’un point de vue qui est le mien, avec la compétence qui est la mienne, celle du prêtre et du théologien. C’est-à-dire que je vous apporte, dans la mesure de mes moyens, l’éclairage de la Parole de Dieu, Ecriture et Tradition, confrontée à l’expérience concrète des époux.

1. L’égale dignité personnelle de l’homme et de la femme

Un premier point retient notre attention : l’homme et la femme sont ici considérés, absolument à égalité, comme des personnes. On nous répète aujourd’hui qu’il n’y aurait pas de différence de nature entre l’homme et l’animal. Une différence de degré sans doute qui se marque dans l’extraordinaire développement de la culture chez l’espèce humaine, mais pas de différence de nature. Ceci n’est pas la pensée de l’Église, telle qu’elle est rappelée dans la première partie de Gaudium et Spes. Bien entendu, l’être humain prend place dans le grand courant de la vie, et dans l’évolution, des espèces.

Bien entendu, l’animal de son côté est doué de sensibilité, il possède une forme d’intelligence, et développe des compétences. Il est capable d’apprendre et de transmettre. Mais il y a entre l’homme et l’animal une différence qualitative et pas seulement quantitative. L’homme est absolument hors-série dans le monde animal. C’est cette différence que l’on tente de dire lorsque l’on parle d’esprit, ou « d’âme rationnelle », ou encore de « personne ». Pour la Bible l’être humain est créé à l’image de Dieu, homme et femme (Gn 1, 26-27). Chaque être humain est personnellement voulu, connu par Dieu et aimé de Lui. De son côté, la pensée éthique contemporaine insiste sur la dignité inhérente de tout être humain. Autant de manières de reconnaitre le caractère propre, tout à fait singulier, de l’humanité au sein de la création.

L’homme et la femme sont des personnes. Ce qui veut dire que leur comportement amoureux n’est pas entièrement gouverné par la force des pulsions et par les déterminations culturelles. Loin de nous l’idée de nier les unes ou les autres. Mais il y a en l’être humain autre chose, que nous nommons la liberté : les actes libres dans lesquels le sujet humain s’engage et qui construisent son identité. Les sciences humaines ont toujours la tentation de nier la liberté parce que par méthode elles ne peuvent la saisir. Or, « la vraie liberté - toujours selon Gaudium et Spes – est en l’homme un signe privilégié de l’image divine » (GS 17).

Elle est davantage un chemin progressif de libération intérieure personnelle – c’est une banalité de le rappeler – qu’une tranquille possession. Nous risquons toujours de démissionner de notre liberté et de revêtir des personnalités d’emprunt, lorsque nous agissons simplement par conformisme, pour ne prendre que cet exemple.

Mais il ne suffit pas de dire que l’image de Dieu en l’homme, qui fait de nous des personnes, se manifeste dans notre liberté. Il faut aussitôt ajouter une liberté pour autrui. L’être humain, créé à l’image de Dieu, est un être de relation qui s’accomplit dans une existence en communion. (cf le texte de Familiaris Conortio 11). D’une part, ce n’est pas être libre que de vivre exclusivement pour soi, replié sur soi, en utilisant (manipulant) les autres pour les faire servir (les asservir) à ses propres intérêts, de quelque ordre que ce soit.

D’autre part, il n’y a de véritable communion qu’entre des personnes qui s’engagent librement l’une envers l’autre, qui se donnent l’une à l’autre librement. Là où il y a contrainte il ne peut y avoir ni communion ni don. C’est ainsi que le don et la communion sont, avec la liberté, l’expression de la nature personnelle de l’être humain.

La société de l’homme et de la femme, l’union conjugale – toujours selon Gaudium et Spes – constitue la forme première, primordiale, de la communion des personnes (GS 12 §4). Le mariage est fondé sur le consentement personnel – libre et réfléchi – d’un homme et d’une femme, consentement réciproque à être époux et épouse, à construire une communion intime de vie et d’amour proprement conjugal (GS 48 §1).

Ce consentement qui fait le mariage, et cette communion qu’est le mariage, sont l’expression de notre être personnel, à la fois spirituel et corporel. Nous ne sommes pas seulement le jouet de nos cycles hormonaux, de nos désirs inconscients ou de nos déterminations sociales. Bien sûr nous sommes profondément influencés par tous ces facteurs. C’est l’un des enjeux de notre existence que d’assumer ce qui en nous nous dépasse, nous échappe, d’accepter de ne pas être pleinement maîtres de nous-mêmes. Mais ces facteurs sociaux, hormonaux, inconscients, n’expliquent pas tout. Nous ne sommes pas des êtres de part en part objectivement scientifiquement explicables.

Nous sommes capables de nous décider, de nous engager librement, de donner notre parole et d’y rester fidèle et finalement de nous donner nous-mêmes. Nous sommes des sujets responsables de nos actes, et non pas seulement l’objet de forces obscures qui nous poussent dans un sens, puis dans l’autre. L’amour n’est pas une fatalité. Il y a une profondeur, un mystère de la personne qu’on ne peut saisir. C’est de ce centre que jaillit la liberté et que nait l’amour véritable.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 07:00

Le Père Leproux appuie là où les célibataires doivent se poser de légitimes questions : doit-on se retrancher dans la peur de l'échec? la peur de se donner tout entier? ou bien aller de l'avant avec discernement en se renouvelant sa confiance en Dieu? La question est posée car c'est la réponse à la vocation au mariage : croire, aimer, durer, pardonner et vivre l'éternité de l'amour avec Dieu. Bonne lecture!

 

La famille, cellule d’Église (5e partie et fin)
Par le Père Alexis LEPROUX
à l’église Sainte-Anne de la Butte aux Cailles, le 14 mai 2011
Retrouvez ici l’intégralité du texte.
Source : http://www.paris.catholique.fr/


3. Famille, où vas-tu ? (suite)

Enfin, puisque la famille est cette cellule ou cette école de la vie éternelle, sa présence au milieu du monde devient bouleversante pour ceux avec qui elle entre en contact. Quand vous êtes éclairé par cet horizon de la vie éternelle, vous n’êtes pas en dehors du monde. Au contraire, cela vous permet d’être dans la cour de récréation à sept ans, dans les lycées à 15 ans, ou encore à la porte des écoles avec d’autres parents ou dans la vie professionnelle pour discuter, en bouleversant – je dis bien en bouleversant – le rapport que les personnes ont avec leur propre temps, avec leur propre histoire. C’est tout simplement déstabilisant de découvrir des gens libres par rapport à la mort. C’est déstabilisant de découvrir des enfants qui vivent à l’échelle de l’éternité et qui n’ont pas peur de mourir. Avoir appris dans sa famille qu’il n’y a de vie véritable en dehors de la vie éternelle, qu’il n’y a de vie véritable en ce monde que par le don total de soi, change son rapport au temps qui passe.

Il est évident qu’un célibat consacré est inenvisageable sans l’expérience concrète de la vie éternelle, déjà concrètement éprouvée. La fidélité conjugale est aussi dans cet ordre-là. La possibilité d’être dans son travail ou dans une communauté scolaire avec une parole libre suppose de ne pas avoir peur. Il y a forcément un moment où la peur de la vérité peut paralyser les exigences de la conscience.

La famille apprend, lorsque son horizon est l’éternité qu’il est possible d’aimer jusqu’au bout et de mourir pour la vérité. La famille est en effet le premier chemin de la liberté spirituelle qui permet d’être engagé dans le monde, non pas à le mesure de ses succès, non pas à la mesure des images de succès que le monde projette et dans lequel on serait tenté de conduire l’humanité, mais dans ce qu’on appelle une liberté de conscience qui, parce qu’elle est comblée de grâce, est prête à tout. Préparer un enfant à la première communion à dix ans, ou à treize ans, ou à vingt-ans ou à quarante ans, c’est le situer non pas dans l’horizon de la mort – « un jour, je vais mourir » – mais dans la plénitude de la vie déjà accordée : « aujourd’hui, je vis pleinement ».

On voit bien que cet « aujourd’hui, je vis pleinement » qui s’appelle aussi une profession de foi, cela suppose un travail au jour le jour : on ne fait pas de réserve d’amour, on ne fait pas de réserve de vie ! Elle la reçoit comme le pain quotidien, au jour le jour. Quand je me lève le matin, quand je suis assis au milieu de mes enfants, quand je joue avec eux – non pas comme des maîtres qui auraient acquis la certitude de l’éternité, mais avec eux – je vie la possibilité concrète d’aimer jusqu’au bout. Dans une famille, cela se joue ainsi, au quotidien, en faisant la vaisselle, en passant le balai, en donnant la vie sans s’en apercevoir mais en l’éprouvant vraiment. Et cela se vit aussi dans l’échec. Devant l’impossibilité concrète de se donner jusqu’au bout, j’expérimente le sommet de la vie, le pardon. Chacun se découvre débiteur de tous les autres. Comment allons-nous donner jusqu’au bout notre vie ? En pardonnant jusqu’au bout à tous ceux qui ne donnent pas leur vie jusqu’au bout. Un père de famille peut expérimenter cet échec par rapport à ses enfants : il sait aussi qu’il vivra de l’amour et du pardon que ses enfants lui accordent ou lui accorderont.

De cet amour et de ce pardon, il se verra appelé à se donner encore plus, à la mesure du pardon donné. On approche de ce retour, de ce reditus où l’homme devient vraiment image de Dieu qui donne vie en pardonnant. Sous prétexte de réussite professionnelle, de réussite familiale et de vocation, on imagine que demain se jouera la vie véritable. La vie familiale est le lieu premier de la vie ecclésiale qui permet, dès l’enfance, et dès aujourd’hui, d’aimer jusqu’au bout. Chacun est conduit à la possibilité réelle d’aimer, de pardonner et d’être aimé. De ces personnes qui se marient et qui donnent la vie, se construit la grande communauté ecclésiale qui devient sel de la terre et la lumière du monde. Par elles, est appelée à s’éprouver, non pas par de grands discours mais par la vie concrète de sa journée, l’avenir de l’humanité, l’avenir réel de l’homme. Aujourd’hui, dans la famille, se joue le grand mystère de l’amour véritable, celui qui construit l’Eglise, celui qui conduit à Dieu.

 

Sommaire

1e partie : Expérience de l'esprit de famille

2e partie : Famille, d'où es-tu?

3e partie : Famille, d'où es-tu? (suite)

4e partie : Famille, où vas-tu?

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 07:00

Quatrième partie de la conférence donnée par le Père Leproux sur "La famille, cellule d'Eglise". La densité et la longueur du texte, très intéressant car des passages concernent les célibataires ayant vocation au mariage, oblige à scinder en quatre parties pour une meilleure lecture. Le texte intégral est téléchargeable en version pdf sur le site du diocèse de Paris. Bonne lecture!

 

La famille, cellule d’Église (4e partie)
Par le Père Alexis LEPROUX
à l’église Sainte-Anne de la Butte aux Cailles, le 14 mai 2011
Retrouvez ici l’intégralité du texte.
Source : http://www.paris.catholique.fr/

3. Famille, où vas-tu ?

Voici maintenant le dernier point de mon propos, que j’appelle le reditus, le retour à Dieu et qu’on peut appeler aussi : « mission et assomption ». Comment de Dieu est sorti un grand mystère, de ce grand mystère est sortie la vie, la vie de chacune de nos personnes ? Et comment, de cette vie, tout le chemin de l’histoire va nous conduire à la civilisation de l’amour ? En repartant de la personne, de la famille, de l’Eglise, des peuples, de l’unité du genre humain, de toutes les familles de la terre, que l’on trouve dans la bénédiction d’Abraham « En toi, se béniront toutes les familles de la terre ». Projet absurde ? Utopie ? Certains pensent que des quelques personnes que nous sommes ici, il ne peut pas naître grand-chose… Comme certains ont pensé que de Nazareth, il ne pouvait pas sortir grand-chose… Comme certains l’ont aussi pensé de Bethléem… Le grand empereur de Rome avait fait ses comptes cette nuit-là, il mesurait la vie mais ne pouvait imaginer que l’enfant de Bethléem bouleverserait à ce point son empire !

L’enfant qui vient de naître transforme radicalement la face du monde. Il est difficile pour les statisticiens d’être ainsi dépossédés de leurs mesures sur la vie parce que la vie ne se mesure pas. Un autre exemple : un petit Karol Wojtila qui deviendra Jean-Paul II. Qui pouvait penser en 1920 que de ce garçon, de sa croissance, de la mort de sa maman, de la mort de son papa, de ses choix spirituels, de sa formation, allait naître une homme qui allait écrire ainsi le grand livre du XXème siècle et permettre à la planète de se rassembler à Rome au début du XXIème comme on ne l’’avait encore jamais vu sur la terre ?

La lettre aux familles n’est pas sortie d’un concept théologique qu’on aurait puisé au XIème siècle : elle est sortie du cœur d’un homme qui est venu à un moment, qui a appartenu à une famille. En sa personne, Jean-Paul II a exploré le mystère de la famille et de l’Eglise ? Il a compris qu’il était mouvement de l’humanité vers le ciel.

Comment une famille est-elle toujours le lieu d’une « création nouvelle » ? Dans une famille, il y a une nouveauté de la vie. L’enfant n’est pas la continuité d’une espèce biologique qui fait que, de génération en génération, on déplace la vie dans de nouveaux individus. Quand un couple s’unit, dans le mariage ou en dehors du mariage –, lorsque la vie est donnée à un enfant, il y a une création nouvelle tout entière qui apparaît, un monde nouveau qui apparaît. Ce monde nouveau est extrêmement important puisqu’il rappelle que le temps de l’homme n’est pas l’horloge, que l’histoire humaine, l’histoire de la personne, n’est pas d’allonger des jours sur un calendrier, qu’une personne ne prolonge pas celle des autres.

La famille place dans l’histoire un commencement nouveau qui permet de comprendre que l’humanité, au lieu de se déplacer horizontalement sur une frise chronologique, est toujours le passage du temps qui passe à la nouveauté de l’éternité qui apparaît. Il faut ici une conversion radicale de notre rapport au temps et à l’avenir de l’homme. On considère trop facilement que notre vie est un segment et l’on sacrifie volontiers l’absolu de notre temps pour un avenir que l’on imagine plus digne d’intérêt. C’est toujours un peu inquiétant de penser que l’on va sacrifier notre vie pour que nos enfants aient un avenir meilleur. Chaque génération, chaque personne, doit pouvoir vivre toute son histoire comme un absolu. Nous ne sommes pas les produits d’une évolution pour que demain ouvre à de jours meilleurs. Ils peuvent être meilleurs comme ils peuvent être pires !

J’apprends dans ma famille à recevoir mon rapport au temps comme un aujourd’hui où se joue ma décision face à l’éternité. Je ne suis pas seulement le moyen d’arriver à une époque meilleure : je suis une liberté appelée à se décider pour l’éternité. La famille est le lieu d’apprentissage de la vie éternelle, non pas celle d’un après la mort, mais celle de l’appel concret de la vie de tout homme à se décider pour le Bien reconnu en Dieu. Comment allez-vous parler à vos enfant de leur avenir, comment allez-vous construire leurs études, en les situant, non pas par rapport aux quarante années qui viennent mais par rapport à l’aujourd’hui de Dieu qui maintenant est présent et les appelle ?

Le critère de discernement d’une personne pour savoir où elle doit aller n’est pas le temps chronologique qui fait que demain il y aura un monde meilleur mais le temps présent qui fait qu’aujourd’hui j’apprends à vivre à la mesure de l’éternité. Devenir saint dès l’âge de cinq ou six ans est une possibilité réelle – chose importante que l’on oublie parfois. La sainteté n’est pas d’abord le partage des gens de quatre-vingt-quinze ans qui auraient essayé toute leur vie de connaître l’humanité dans sa plénitude. Un enfant de sept ans, dans l’offrande de sa liberté à l’échelle de l’éternité, peut vivre déjà la plénitude de l’homme dans sa relation au Christ. Cela va évidemment purifier l’ambition, non pas l’enlever mais la purifier, la libérer. Finalement, ma vocation dans le temps, ma charge ou mon rôle dans l’histoire, n’ont de sens que par un absolu déjà éprouvé, déjà goûté. Je ne vais pas devenir père ou mère pour réaliser mes ambitions, mais pour accomplir par surcroît cette éternité que je goûte déjà. Sur ce point, la famille joue un rôle fondamental.

Dans la famille se donnent en effet toutes les premières paroles sur l’ambition, se dévoile à l’enfant l’horizon de son avenir. Lorsque la famille a comme horizon une réussite sociale, une carrière qu’il faudrait accomplir, c’est plus compliqué de poser votre vie et de la donner à Dieu dans la vie consacrée. La famille est le laboratoire de la foi, le premier lieu où se donne la possibilité concrète, dès l’âge de six ou sept ans, de donner toute sa vie à Dieu. De fait, il n’est pas si simple d’avoir aujourd’hui un échange simple autour d’une table familiale en disant que le véritable avenir de l’homme, c’est d’être comme le Christ et que cette configuration au Christ à l’échelle de l’éternité est possible dès l’enfance dans ce qu’on appelle la première communion.

 

Sommaire

1e partie : Expérience de l'esprit de famille

2e partie : Famille, d'où es-tu?

3e partie : Famille, d'où es-tu? (suite)

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 07:00

Après l'expérience de l'esprit de famille, nous retrouvons la suite de "Famille, d'où es-tu?" qui pourrait s'intituler "vivre ensemble dans le respect mutuel". La densité du texte, à l'heure de l'Internet et des lectures rapides, impose de prendre du temps pour en extraire des sujets de réflexion et de méditation. Bonne lecture!

 

La famille, cellule d’Église (3e partie)
Par le Père Alexis LEPROUX
à l’église Sainte-Anne de la Butte aux Cailles, le 14 mai 2011
Retrouvez ici l’intégralité du texte.
Source : http://www.paris.catholique.fr/

2. Famille, d’où es-tu ? (suite)

Soulignons un second aspect : cette communion de personnes est appelée à s’incarner concrètement en chacun. L’image de Dieu, la ressemblance de la famille avec Dieu va recevoir par l’histoire des caractéristiques singulières. Chaque famille, d’une manière ou d’une autre, va avoir ses traits propres. Ce qui est commun au mystère de la Trinité, la communion d’amour entre les personnes, va s’incarner dans une forme insubstituable, irremplaçable.

On découvre que la table de chaque famille rend présent le mystère de Dieu sur la terre d’une façon inédite. Personne parmi nous n’est appelé à imiter la Sainte Famille par un copier/coller. Il ne s’agit pas de « jouer » à la Sainte Famille en faisant comme si on était Marie, Joseph et Jésus. Il faut au contraire, pour être vraiment l’image de la sainte famille, que je reçoive pleinement les caractéristiques propres de ma culture, de mon histoire, de mon arbre.

Chaque famille, comme chaque visage humain, rend présent le mystère de Dieu sur la terre d’une façon tout à fait différente que toutes les autres familles. Dans la communauté où je suis né, je vois apparaître les traits singuliers du visage familial qui m’entoure. On découvre, à travers l’incarnation du Christ, à travers le mystère d’Israël, le fait que Dieu ne se donne pas comme une « essence abstraite, mais comme une réalité incarnée, certes unique – un seul esprit, un seul amour, une seule communion de personnes – mais façonnée singulièrement par les choix de chaque jour. Lors d’une réunion avec des jeunes foyers, en méditant sur le chapitre 4 de l’épître aux Ephésiens, nous réfléchissions à la façon dont chaque personne et chaque famille vit le mystère pascal d’une façon propre. C’est dans la singularité du mystère pascal vécu par chacun que se développe la révélation de la charité.

Il me semble important de prendre conscience qu’une famille, c’est le mystère de l’incarnation de la communion trinitaire dans des histoires singulières, dans des personnes concrètes. On sort alors de tout schématisme sans pour autant nier la vérité de la communion des personnes. Il ne s’agit pas de nier qu’il n’y a pas un ordre de la famille et de la communion de personnes, mais il faut admettre que l’esprit de famille doit recevoir ses traits concrets, charnels. Dans chaque situation, marquée par l’attente des enfants, par un grand nombre d’enfants, par la venue d’un enfant portant un handicap, par des charismes propres de chacun, on découvre Dieu se révélant d’une façon inattendue.

Il semble important d’éduquer son œil : au mot « famille », on met un concept ou un schéma et on n’arrive plus à regarder une famille dans la vérité de ce qu’elle est. Pour ceux qui ne rentrent dans aucun schéma, c’est extrêmement douloureux. Chacun doit découvrir comment, dans sa famille, quelles que soient ses grâces et ses blessures, la communion de personnes, l’histoire de ses parents etc., le mystère de Dieu s’est donné à expérimenter. C’est là que la vie lui est donnée.

Dieu va très loin dans son mystère incarnation ; il habite des situations absolument incroyables. Pensez à Joséphine Bakhita, petite esclave torturée, qui finalement va être reçue dans une maison italienne et va devenir chrétienne. Elle va comprendre que tous les maîtres qui l’ont blessée, c’était sa famille. Elle a été vendue et découvre que son histoire familiale est ainsi. Elle devient un signe d’espérance. Il est clair qu’elle n’est pas d’une famille bien établie de sept enfants… cela ne signifie pas qu’elle n’a pas de famille. Etant petit, j’avais été marqué par le roman d’Hector Malot, « Sans famille ». Cette expression est intéressante parce qu’il n’y a pas, je crois, de personne sans famille. Simplement, les contours de la famille sont ce que Dieu donne à chaque personne pour devenir elle-même.

Pour toute famille, pouvoir découvrir au fur et à mesure de son histoire la force de sa singularité me paraît être un élément vraiment important pour la vie de la famille dans le monde. Ce deuxième élément illustre la vocation spécifique de la famille à partir de 1 Co 12. Aucune famille n’est substituable à une autre puisqu’elle rend présent le mystère de Dieu de façon historique, absolue et c’est ainsi que Dieu poursuit son œuvre dans le monde.

 

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1e partie : Expérience de l'esprit de famille

2e partie : Famille, d'où es-tu?

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 07:00

La famille, cellule d’Église (2e partie)
Par le Père Alexis LEPROUX
à l’église Sainte-Anne de la Butte aux Cailles, le 14 mai 2011
Retrouvez ici l’intégralité du texte.

Source : http://www.paris.catholique.fr/

2. Famille, d’où es-tu ?

Le premier élément que je voudrais mettre en lumière est ce que j’appelle l’exitus. L’exitus est un mot latin qui renvoie à la sortie. Ma question est : d’où vient l’esprit de famille ? D’où vient la famille ? D’où tire-t-elle sa force et son consistance ?

Un des lieux communs est de penser que la famille est une réalité naturelle : un homme et une femme qui s’aiment vont, par leur amour, fonder une famille. On considère qu’il y a une sorte de « nature » qui existe en soi et qui serait remise en cause par des problèmes sociaux-politiques.

On garde l’idée que la famille est une nature donnée. En reprenant ce mot d’exitus, j’essaie de mettre la famille dans une perspective autre, comme réalité qui vient de Dieu. Ce n’est pas d’abord un donné. C’est une vie qui sort d’une source ; et la source de la famille, c’est la communion trinitaire transmise par la médiation de l’Eglise. Il n’y aurait pas de famille sans une sortie de Dieu qui, par l’union d’une personne avec une communauté, crée une communion nouvelle.

C’est du Christ et de sa communauté apostolique que va jaillir l’esprit de famille et le fondement de toute famille. Dans un deuxième temps, je reviendrai sur le retour, le reditus. Une fois que la vie est sortie jusqu’à établir et fonder la personne, il y a un retour vers Dieu, un reditus. De la personne qui a été donnée dans une famille, va jaillir une famille qui va conduire à l’Eglise pour rejoindre la vie de Dieu.

Je pense qu’il est très important, quand on réfléchit sur la famille, de ne pas la penser d’abord en terme de définition : une famille serait un homme, une femme, des enfants… mesurée par trois générations etc. Il convient plutôt de la voir comme la vie sortant de Dieu et retournant à Dieu.

Pourquoi cela ? Parce qu’une femme ou un homme, s’étant marié et n’ayant pas pu avoir d’enfants, quelqu’un ayant été abandonné par son mari ou sa femme, est aussi une famille. Elle vient de Dieu et y retourne. Il ne faut pas appliquer trop étroitement sur la famille un modèle, une forme sociale.

Il convient plutôt d’identifier la vie de Dieu qui se donne dans des personnes jusqu’au point le plus ultime qui est ma liberté et la liberté de chacun, c’est-à-dire la vie de l’Esprit. On contemple alors la vie de famille, y compris – et peut-être plus encore – dans le cœur d’une personne abandonnée. Le Christ, seul sur la croix, le cœur ouvert, nous révèle exactement ce qu’est une famille. Il attend son épouse bien-aimée ; il peut dire : « Voici ta Mère » et « Voici ton fils », il retourne vers le Père.

Dans cette sortie de Dieu, un premier aspect est ce qu’on pourrait appeler l’image ou la ressemblance. Qu’est-ce donc qu’une famille ? La communion de trois personnes qui, se donnant l’une à l’autre dans un unique esprit, ne cessent de grandir les unes par les autres. Cela suppose pour nous d’avoir réfléchi la différence entre la chose, l’objet et la relation, la personne.

Un beau titre a été proposé par Jean-Paul II parlant de sa vie : « don et mystère ». Comment une femme, un homme, un enfant ou une personne seule est-il à la fois un don et un mystère ? Comment le seul lieu où la personne peut se découvrir comme don et mystère est-il précisément l’esprit de famille ? Quand vous êtes dans une entreprise, vous êtes plus utilisé pour vos compétences qu’accueilli comme une fin. Quand vous êtes dans le monde, vous êtes d’abord ce qu’on peut appeler un acteur, celui qui transforme le monde : vous le façonnez par vos mains.

Dans une famille, on n’est pas en train de fabriquer quelque chose. Le père et la mère n’ont pas des enfants pour obtenir un matériau qu’ils pourraient façonner à leur image en disant : « voilà notre œuvre ! ».

Par l’esprit de famille, les personnes vont devenir elles-mêmes dans la gratuité de la présence aux autres, en sorte qu’aucune des personnes présentes autour de la table ne se présente aux autres comme un instrument nécessaire. Les frères et sœurs ne sont pas des instruments nécessaires pour fabriquer les autres, ni même le père et la mère. Ce sont toujours des personnes données gratuitement à toutes les autres. Par la parole et par le corps, elles se donnent les unes aux autres et, s’expérimentant comme données les unes aux autres, elles grandissent en intelligence et sagesse. Elles ne sont ni un animal dans un champ pour labourer la terre ni une plante dans un jardin qui remplirait un lieu vide. Chacune est appelée à être le lieu où toutes les autres personnes se rencontrent. Le lieu où je suis assis autour de la table est le lieu où tous les autres se rencontrent. Et je ne peux rencontrer tous les autres que dans le cœur de chacun. Chacun apparaît ainsi comme la demeure de tous les autres. Tout cela s’initie dans le don de l’homme et de la femme qui, se donnant l’un à l’autre, habitent chez l’autre. A partir de cette heure, il l’a reçue chez lui.

 

Etre aimé et aimer, c’est demeurer dans un autre que soi, et découvrir que dans un autre que soi, il y a plus de place pour soi que chez soi ! Cela peut paraître étrange, mais je suis plus à l’aise dans le cœur d’un autre que dans mon propre cœur. De nombreuses personnes souffrent de la solitude. Ils sont à l’étroit parce qu’on ne leur a pas dit ou qu’ils ont oublié qu’on ne pouvait vraiment être à l’aise que dans le cœur d’un autre. Tant que je n’ai pas compris que l’espace de ma vie doit être le cœur d’un autre, voire de l’humanité tout entière, je risque de me sentir à l’étroit en ce monde.

 

Un homme ou une femme qui vivent l’un chez l’autre initient leurs enfants au fait de devenir une personne à l’image de Dieu. Le Fils est à l’aise chez le Père, le Père est à l’aise dans l’Esprit, l’Esprit est à l’aise dans le Fils. Mais personne n’est à l’aise en lui-même. Tel est le mystère de la personne : être la demeure d’autres personnes. Etre homme, c’est accepter d’habiter chez un autre. Vous avez là la réponse à l’individualisme comme à l’instrumentalisation des hommes. Jamais un enfant, un adulte ou un vieillard n’existe isolé de tous les autres. Tant que nous n’avons pas trouvé le cœur d’un autre, nous sommes sans repos, inquiets. On apprend cela autour d’une table, dans une famille, en se parlant, en se découvrant aimés gratuitement et en devenant communion de personnes ; on forme alors une communauté ecclésiale où les uns et les autres sont appelés les uns par les autres. Voilà le premier aspect de cette sortie de Dieu : la communion familiale des personnes s’inaugure dans le mystère du Christ qui nous révèle le Père et l’Esprit.

 

 

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1e partie : Expérience de l'esprit de famille

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