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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 07:00

Après l'expérience de l'esprit de famille, nous retrouvons la suite de "Famille, d'où es-tu?" qui pourrait s'intituler "vivre ensemble dans le respect mutuel". La densité du texte, à l'heure de l'Internet et des lectures rapides, impose de prendre du temps pour en extraire des sujets de réflexion et de méditation. Bonne lecture!

 

La famille, cellule d’Église (3e partie)
Par le Père Alexis LEPROUX
à l’église Sainte-Anne de la Butte aux Cailles, le 14 mai 2011
Retrouvez ici l’intégralité du texte.
Source : http://www.paris.catholique.fr/

2. Famille, d’où es-tu ? (suite)

Soulignons un second aspect : cette communion de personnes est appelée à s’incarner concrètement en chacun. L’image de Dieu, la ressemblance de la famille avec Dieu va recevoir par l’histoire des caractéristiques singulières. Chaque famille, d’une manière ou d’une autre, va avoir ses traits propres. Ce qui est commun au mystère de la Trinité, la communion d’amour entre les personnes, va s’incarner dans une forme insubstituable, irremplaçable.

On découvre que la table de chaque famille rend présent le mystère de Dieu sur la terre d’une façon inédite. Personne parmi nous n’est appelé à imiter la Sainte Famille par un copier/coller. Il ne s’agit pas de « jouer » à la Sainte Famille en faisant comme si on était Marie, Joseph et Jésus. Il faut au contraire, pour être vraiment l’image de la sainte famille, que je reçoive pleinement les caractéristiques propres de ma culture, de mon histoire, de mon arbre.

Chaque famille, comme chaque visage humain, rend présent le mystère de Dieu sur la terre d’une façon tout à fait différente que toutes les autres familles. Dans la communauté où je suis né, je vois apparaître les traits singuliers du visage familial qui m’entoure. On découvre, à travers l’incarnation du Christ, à travers le mystère d’Israël, le fait que Dieu ne se donne pas comme une « essence abstraite, mais comme une réalité incarnée, certes unique – un seul esprit, un seul amour, une seule communion de personnes – mais façonnée singulièrement par les choix de chaque jour. Lors d’une réunion avec des jeunes foyers, en méditant sur le chapitre 4 de l’épître aux Ephésiens, nous réfléchissions à la façon dont chaque personne et chaque famille vit le mystère pascal d’une façon propre. C’est dans la singularité du mystère pascal vécu par chacun que se développe la révélation de la charité.

Il me semble important de prendre conscience qu’une famille, c’est le mystère de l’incarnation de la communion trinitaire dans des histoires singulières, dans des personnes concrètes. On sort alors de tout schématisme sans pour autant nier la vérité de la communion des personnes. Il ne s’agit pas de nier qu’il n’y a pas un ordre de la famille et de la communion de personnes, mais il faut admettre que l’esprit de famille doit recevoir ses traits concrets, charnels. Dans chaque situation, marquée par l’attente des enfants, par un grand nombre d’enfants, par la venue d’un enfant portant un handicap, par des charismes propres de chacun, on découvre Dieu se révélant d’une façon inattendue.

Il semble important d’éduquer son œil : au mot « famille », on met un concept ou un schéma et on n’arrive plus à regarder une famille dans la vérité de ce qu’elle est. Pour ceux qui ne rentrent dans aucun schéma, c’est extrêmement douloureux. Chacun doit découvrir comment, dans sa famille, quelles que soient ses grâces et ses blessures, la communion de personnes, l’histoire de ses parents etc., le mystère de Dieu s’est donné à expérimenter. C’est là que la vie lui est donnée.

Dieu va très loin dans son mystère incarnation ; il habite des situations absolument incroyables. Pensez à Joséphine Bakhita, petite esclave torturée, qui finalement va être reçue dans une maison italienne et va devenir chrétienne. Elle va comprendre que tous les maîtres qui l’ont blessée, c’était sa famille. Elle a été vendue et découvre que son histoire familiale est ainsi. Elle devient un signe d’espérance. Il est clair qu’elle n’est pas d’une famille bien établie de sept enfants… cela ne signifie pas qu’elle n’a pas de famille. Etant petit, j’avais été marqué par le roman d’Hector Malot, « Sans famille ». Cette expression est intéressante parce qu’il n’y a pas, je crois, de personne sans famille. Simplement, les contours de la famille sont ce que Dieu donne à chaque personne pour devenir elle-même.

Pour toute famille, pouvoir découvrir au fur et à mesure de son histoire la force de sa singularité me paraît être un élément vraiment important pour la vie de la famille dans le monde. Ce deuxième élément illustre la vocation spécifique de la famille à partir de 1 Co 12. Aucune famille n’est substituable à une autre puisqu’elle rend présent le mystère de Dieu de façon historique, absolue et c’est ainsi que Dieu poursuit son œuvre dans le monde.

 

Sommaire

1e partie : Expérience de l'esprit de famille

2e partie : Famille, d'où es-tu?

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Published by Equipe du blog - dans Conférences
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  • : Célibataires chrétiens: en route vers le Mariage
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  • : Ce blog apporte du sens sur la question du célibat des chrétiens/chrétiennes qui ont vocation à se marier religieusement et à fonder une famille chrétienne. Le blog répertorie les sites, les documents, propose la découverte de témoignages vécus sur le célibat chrétien non-consacré et apporte son grain de sel (de la Terre) sur cette question ô combien délicate. Frères et Soeurs, nous sommes plusieurs à vivre ce chemin de Vie qui nous fait franchir les difficultés pour mener au bonheur.
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