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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 07:00

Pour découvrir la réalité de l'amour conjugal, voici une conférence passionnante du diocèse de Paris sur le thème de la famille. Un volet entier est consacré au couple chrétien, sujet qui relève du véritable suspense et jeu de pistes pour les célibataires chrétiens. Choisir la vocation au mariage, c'est une première étape. Vivre l'amour conjugal pour fonder une famille chrétienne, c'est la deuxième étape. Le chemin de liberté intérieure est souvent ce qui manque chez les célibataires qui hésitent à s'engager, ce n'est pas une banalité de le rappeler tant cette vérité est évidente pour ceux qui la connaissent, et demeurent un vrai mystère pour ceux qui en ignorent jusqu'à son existence. Bonne lecture!


Être époux, être épouse :
fonder la relation et la vivre à tous les âges de la vie
(1e partie)

Module diocésain de formation, saint Jean-Baptiste de la Salle, 27 novembre 2010
par le Père Jacques de Longeaux
Texte intégral
Document préparatoire en pdf (lecture recommandée)
Source : http://www.paris.catholique.fr

Introduction

Il y a quelques années je me trouvai avec un groupe de jeunes adultes pour un camp d’été, et lors d’une soirée d’échanges et de réflexion, ils m’ont posé la question suivante : comment savoir si tel garçon ou telle fille que j’aime est « le bon » ou « la bonne » ; c’est-à-dire celui ou celle avec lequel (laquelle) je vais pouvoir m’engager pour la vie ?

Dans ma réponse, une phrase du Concile Vatican II m’est venue à l’esprit. Au numéro 49 de la constitution pastorale Gaudium et Spes sur « l’Église dans le monde de ce temps », qui traite de l’amour conjugal, on lit ceci : « le véritable amour entre mari et femme (…) éminemment humain puisqu’il va d’une personne vers une autre personne en vertu d’un sentiment volontaire, (…) enveloppe [embrasse] le bien de toute la personne ». Pour réfléchir avec vous sur ce que c’est qu’être époux et épouse, il m’a semblé bon de méditer à partir de cet enseignement des pères du Concile Vatican II sur « le véritable amour conjugal ». J’aborde ce sujet d’un point de vue qui est le mien, avec la compétence qui est la mienne, celle du prêtre et du théologien. C’est-à-dire que je vous apporte, dans la mesure de mes moyens, l’éclairage de la Parole de Dieu, Ecriture et Tradition, confrontée à l’expérience concrète des époux.

1. L’égale dignité personnelle de l’homme et de la femme

Un premier point retient notre attention : l’homme et la femme sont ici considérés, absolument à égalité, comme des personnes. On nous répète aujourd’hui qu’il n’y aurait pas de différence de nature entre l’homme et l’animal. Une différence de degré sans doute qui se marque dans l’extraordinaire développement de la culture chez l’espèce humaine, mais pas de différence de nature. Ceci n’est pas la pensée de l’Église, telle qu’elle est rappelée dans la première partie de Gaudium et Spes. Bien entendu, l’être humain prend place dans le grand courant de la vie, et dans l’évolution, des espèces.

Bien entendu, l’animal de son côté est doué de sensibilité, il possède une forme d’intelligence, et développe des compétences. Il est capable d’apprendre et de transmettre. Mais il y a entre l’homme et l’animal une différence qualitative et pas seulement quantitative. L’homme est absolument hors-série dans le monde animal. C’est cette différence que l’on tente de dire lorsque l’on parle d’esprit, ou « d’âme rationnelle », ou encore de « personne ». Pour la Bible l’être humain est créé à l’image de Dieu, homme et femme (Gn 1, 26-27). Chaque être humain est personnellement voulu, connu par Dieu et aimé de Lui. De son côté, la pensée éthique contemporaine insiste sur la dignité inhérente de tout être humain. Autant de manières de reconnaitre le caractère propre, tout à fait singulier, de l’humanité au sein de la création.

L’homme et la femme sont des personnes. Ce qui veut dire que leur comportement amoureux n’est pas entièrement gouverné par la force des pulsions et par les déterminations culturelles. Loin de nous l’idée de nier les unes ou les autres. Mais il y a en l’être humain autre chose, que nous nommons la liberté : les actes libres dans lesquels le sujet humain s’engage et qui construisent son identité. Les sciences humaines ont toujours la tentation de nier la liberté parce que par méthode elles ne peuvent la saisir. Or, « la vraie liberté - toujours selon Gaudium et Spes – est en l’homme un signe privilégié de l’image divine » (GS 17).

Elle est davantage un chemin progressif de libération intérieure personnelle – c’est une banalité de le rappeler – qu’une tranquille possession. Nous risquons toujours de démissionner de notre liberté et de revêtir des personnalités d’emprunt, lorsque nous agissons simplement par conformisme, pour ne prendre que cet exemple.

Mais il ne suffit pas de dire que l’image de Dieu en l’homme, qui fait de nous des personnes, se manifeste dans notre liberté. Il faut aussitôt ajouter une liberté pour autrui. L’être humain, créé à l’image de Dieu, est un être de relation qui s’accomplit dans une existence en communion. (cf le texte de Familiaris Conortio 11). D’une part, ce n’est pas être libre que de vivre exclusivement pour soi, replié sur soi, en utilisant (manipulant) les autres pour les faire servir (les asservir) à ses propres intérêts, de quelque ordre que ce soit.

D’autre part, il n’y a de véritable communion qu’entre des personnes qui s’engagent librement l’une envers l’autre, qui se donnent l’une à l’autre librement. Là où il y a contrainte il ne peut y avoir ni communion ni don. C’est ainsi que le don et la communion sont, avec la liberté, l’expression de la nature personnelle de l’être humain.

La société de l’homme et de la femme, l’union conjugale – toujours selon Gaudium et Spes – constitue la forme première, primordiale, de la communion des personnes (GS 12 §4). Le mariage est fondé sur le consentement personnel – libre et réfléchi – d’un homme et d’une femme, consentement réciproque à être époux et épouse, à construire une communion intime de vie et d’amour proprement conjugal (GS 48 §1).

Ce consentement qui fait le mariage, et cette communion qu’est le mariage, sont l’expression de notre être personnel, à la fois spirituel et corporel. Nous ne sommes pas seulement le jouet de nos cycles hormonaux, de nos désirs inconscients ou de nos déterminations sociales. Bien sûr nous sommes profondément influencés par tous ces facteurs. C’est l’un des enjeux de notre existence que d’assumer ce qui en nous nous dépasse, nous échappe, d’accepter de ne pas être pleinement maîtres de nous-mêmes. Mais ces facteurs sociaux, hormonaux, inconscients, n’expliquent pas tout. Nous ne sommes pas des êtres de part en part objectivement scientifiquement explicables.

Nous sommes capables de nous décider, de nous engager librement, de donner notre parole et d’y rester fidèle et finalement de nous donner nous-mêmes. Nous sommes des sujets responsables de nos actes, et non pas seulement l’objet de forces obscures qui nous poussent dans un sens, puis dans l’autre. L’amour n’est pas une fatalité. Il y a une profondeur, un mystère de la personne qu’on ne peut saisir. C’est de ce centre que jaillit la liberté et que nait l’amour véritable.

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Published by Equipe du blog - dans Conférences
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  • : Célibataires chrétiens: en route vers le Mariage
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  • : Ce blog apporte du sens sur la question du célibat des chrétiens/chrétiennes qui ont vocation à se marier religieusement et à fonder une famille chrétienne. Le blog répertorie les sites, les documents, propose la découverte de témoignages vécus sur le célibat chrétien non-consacré et apporte son grain de sel (de la Terre) sur cette question ô combien délicate. Frères et Soeurs, nous sommes plusieurs à vivre ce chemin de Vie qui nous fait franchir les difficultés pour mener au bonheur.
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