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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 07:00

Quatre conférences ont été proposées par le diocèse de Paris sur le thème de "La famille et la jeunesse : une espérance!"... A première vue, rien de particulier pour les célibataires chrétiens. Et pourtant! A lire les synthèses diffusées sur le site du diocèse de Paris, vous avez le choix de réfléchir à tous les aspects de votre vocation au mariage.

Test du jour : lire jusqu'au bout, ne pas décrocher en cours de route... la texte est dense et demande d'y consacrer une lecture tranquille à tête reposée. Ces conférences sont source de méditation et de réflexion.

Résultat : Si vous remettez la lecture du texte à plus tard ou si vous n'allez pas jusqu'au bout de la lecture, c'est que votre volonté est défaillante et que vous renoncez trop vite face à ce qui paraît être une éventuelle difficulté. Pour s'engager à deux, il faut savoir s'investir tout entier à chaque instant. Bonne lecture!

 

Pour la 2e année de "Paroisses en mission", le cardinal André Vingt-Trois a publié une lettre pastorale intitulée « La Famille et la Jeunesse : une espérance ! ». Elle permet de nourrir la réflexion des Formations, des assemblées paroissiales et des nombreuses propositions sur ces thèmes tout au long de l’année.

 

La famille, cellule d’Église (1e partie)
Par le Père Alexis LEPROUX
à l’église Sainte-Anne de la Butte aux Cailles, le 14 mai 2011
Retrouvez ici l’intégralité du texte
Source : http://www.paris.catholique.fr/

1. Expérience de l’esprit de famille

Issu d’une famille, de sept enfants (cinq filles et deux garçons), j’ai décidé à l’âge de dix-sept ans, de quitter cette famille pour entrer au séminaire de Paris. Il m’a été demandé de faire d’abord une année d’expérience en paroisse et à l’étranger avant de rentrer à la Maison Saint-Augustin. Ma vie familiale fut assez courte – de ma naissance jusqu’à l’âge de dix-sept ans. Elle s’est poursuivie cependant par l’expérience communautaire au Séminaire de Paris – de l’âge de 18 ans à l’âge de 27 ans – puis dans l’expérience paroissiale.

Dans ces trois étapes de ma vie, de mon expérience familiale dans laquelle je suis né, dans les maisons du Séminaire de Paris dans lesquelles je suis devenu adulte et dans les presbytères où j’ai vécu, s’est toujours joué cet esprit d’unité et de communion entre les personnes dont la caractéristique était la suivante : nous ne sommes ni les collégiens d’un grand pensionnat ni les fonctionnaires d’une administration. L’intuition que le Cardinal Lustiger avait lancé de petites maisons de formation. L’idée était celle-ci : nous étions, avec un ou deux prêtres, une dizaine de personnes qui faisions la cuisine, le ménage, vivant autour de la même table ; la table devait être en quelque sorte « familiale ».

Depuis l’âge de trois ou quatre ans, j’ai donc toujours eu cette table de cinq à dix personnes : c’est en quelque sorte le « centre vital » de mon expérience humaine. Une année seulement, j’ai échappé à ce fait : l’année de mon service militaire. Là, j’ai pu constater que l’armée n’était pas une famille : nous avions un uniforme, nous étions quasiment tous des garçons du même âge… Il n’y avait pas cette complémentarité des visages, cette disparité des histoires, cette complexité des relations ; c’était finalement assez simple… Mais quand on commence à être des personnes d’âges différents, parents, enfants, ou des séminaristes qui ont entre dix-huit et quarante ans, des prêtres en paroisse qui peuvent être très jeunes et inexpérimentés, d’autres qui vivent depuis longtemps… dans cette petite cellule de vie se joue ce que j’appelle « l’esprit de famille » qui rejoint le coeur de mon expérience ecclésiale. Avant d’accéder à la grande Eglise, l’Eglise universelle, avant d’avoir le visage de la place Saint Pierre, où il y a le Pape, les évêques, les prêtres, des millions de chrétiens du monde entier, l’Eglise est une petite communauté quelques personnes qui se parlent, s’écoutent, partagent un repas et reçoit l’esprit de famille.

Il faut constater en même temps que de nombreux enfants ne reçoivent pas cette expérience d’une vie de famille. Certains grandissent dans des microcellules et ne partagent aucun repas avec plus de deux personnes. Beaucoup d’étudiants vivent seuls dans leur chambre, ou en collocation, ce qui ne remplace pas une famille. Il semble cependant que tous désirent profondément connaître cet esprit de famille. Je n’en vois pas qui n’ait pas ce désir de communion. Apparaissent aussi d’énormes blessures en ce lieu-là.

Ainsi, la famille est à la fois grandement désirée et souvent dispersée. Les divisions conjugales et les séparations de générations transforment aussi la famille en lieu de grande souffrance. On expérimente ce paradoxe, entre un grand désir de connaître la communion de l’unité familiale, et la difficulté pour l’atteindre : on recherche plus facilement un groupe d’amis qui se ressemblent. Je souligne le paradoxe entre ce que j’ai reconnu comme étant le centre de la vie personnelle, le fondement de la personne, et l’expérience commune qui rend si difficile la vie de « ce berceau familial ». Une plante pousse quand elle est dans la bonne terre. Quel serait la terre de la personne ? Cette petite communauté d’une dizaine de personnes autour d’une table, avec des variations de sexes, d’âges et des complexités d’histoire.

Voici le cadre qui peut nous aider à réfléchir le rapport entre Eglise et Famille : la civilisation de l’amour, le lieu de la communion, des personnes appelée à s’aimer les unes les autres concrètement, cellule familiale, au sens à la fois charnel de la famille, mais encore au niveau de la vie ecclésiale. D’une manière ou d’une autre, on appartient à une paroisse, à un groupe de jeunes foyers ; on se retrouve dans des groupes qui doivent avoir une dimension familiale, communauté de séminaristes, communauté de consacrés, une communauté fraternelle de quartier… Il y a ce qu’on pourrait appeler « l’arc de la grande civilisation de l’amour », qui part de la personne pour rejoindre l’humanité tout entière, en passant par l’Eglise domestique et l’Eglise particulière.

La famille est un segment décisif entre l’individu et la civilisation de l’amour par l’analogie entre l’esprit familial et la charité ecclésiale. Le drame, nous le savons, c’est une paroisse de centaines de paroissiens où personne ne connaît vraiment les autres. La charge du curé est de permettre progressivement les paroissiens en situation de se connaître par de petites unités, de telle sorte qu’ils pourront partager concrètement quelque chose. On va ainsi retrouver ce va-et-vient constant entre une grande communauté ecclésiale assez large et une petite cellule qu’on caractérise comme familiale ou domestique : l’« église domestique » (domus, la maison) qui a comme caractéristique la table.

La table eucharistique du dimanche est intimement liée à la table familiale. Il faudrait redouter un nouvel état de la famille, qui substituerait à l’unité de la table la variété des écrans : le père avec son i-pod, la mère avec son i-book, la petite fille avec son jeu électronique…

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Published by Equipe du blog - dans Conférences
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  • : Célibataires chrétiens: en route vers le Mariage
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  • : Ce blog apporte du sens sur la question du célibat des chrétiens/chrétiennes qui ont vocation à se marier religieusement et à fonder une famille chrétienne. Le blog répertorie les sites, les documents, propose la découverte de témoignages vécus sur le célibat chrétien non-consacré et apporte son grain de sel (de la Terre) sur cette question ô combien délicate. Frères et Soeurs, nous sommes plusieurs à vivre ce chemin de Vie qui nous fait franchir les difficultés pour mener au bonheur.
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