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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 07:00

Quatrième partie de la conférence donnée par le Père Leproux sur "La famille, cellule d'Eglise". La densité et la longueur du texte, très intéressant car des passages concernent les célibataires ayant vocation au mariage, oblige à scinder en quatre parties pour une meilleure lecture. Le texte intégral est téléchargeable en version pdf sur le site du diocèse de Paris. Bonne lecture!

 

La famille, cellule d’Église (4e partie)
Par le Père Alexis LEPROUX
à l’église Sainte-Anne de la Butte aux Cailles, le 14 mai 2011
Retrouvez ici l’intégralité du texte.
Source : http://www.paris.catholique.fr/

3. Famille, où vas-tu ?

Voici maintenant le dernier point de mon propos, que j’appelle le reditus, le retour à Dieu et qu’on peut appeler aussi : « mission et assomption ». Comment de Dieu est sorti un grand mystère, de ce grand mystère est sortie la vie, la vie de chacune de nos personnes ? Et comment, de cette vie, tout le chemin de l’histoire va nous conduire à la civilisation de l’amour ? En repartant de la personne, de la famille, de l’Eglise, des peuples, de l’unité du genre humain, de toutes les familles de la terre, que l’on trouve dans la bénédiction d’Abraham « En toi, se béniront toutes les familles de la terre ». Projet absurde ? Utopie ? Certains pensent que des quelques personnes que nous sommes ici, il ne peut pas naître grand-chose… Comme certains ont pensé que de Nazareth, il ne pouvait pas sortir grand-chose… Comme certains l’ont aussi pensé de Bethléem… Le grand empereur de Rome avait fait ses comptes cette nuit-là, il mesurait la vie mais ne pouvait imaginer que l’enfant de Bethléem bouleverserait à ce point son empire !

L’enfant qui vient de naître transforme radicalement la face du monde. Il est difficile pour les statisticiens d’être ainsi dépossédés de leurs mesures sur la vie parce que la vie ne se mesure pas. Un autre exemple : un petit Karol Wojtila qui deviendra Jean-Paul II. Qui pouvait penser en 1920 que de ce garçon, de sa croissance, de la mort de sa maman, de la mort de son papa, de ses choix spirituels, de sa formation, allait naître une homme qui allait écrire ainsi le grand livre du XXème siècle et permettre à la planète de se rassembler à Rome au début du XXIème comme on ne l’’avait encore jamais vu sur la terre ?

La lettre aux familles n’est pas sortie d’un concept théologique qu’on aurait puisé au XIème siècle : elle est sortie du cœur d’un homme qui est venu à un moment, qui a appartenu à une famille. En sa personne, Jean-Paul II a exploré le mystère de la famille et de l’Eglise ? Il a compris qu’il était mouvement de l’humanité vers le ciel.

Comment une famille est-elle toujours le lieu d’une « création nouvelle » ? Dans une famille, il y a une nouveauté de la vie. L’enfant n’est pas la continuité d’une espèce biologique qui fait que, de génération en génération, on déplace la vie dans de nouveaux individus. Quand un couple s’unit, dans le mariage ou en dehors du mariage –, lorsque la vie est donnée à un enfant, il y a une création nouvelle tout entière qui apparaît, un monde nouveau qui apparaît. Ce monde nouveau est extrêmement important puisqu’il rappelle que le temps de l’homme n’est pas l’horloge, que l’histoire humaine, l’histoire de la personne, n’est pas d’allonger des jours sur un calendrier, qu’une personne ne prolonge pas celle des autres.

La famille place dans l’histoire un commencement nouveau qui permet de comprendre que l’humanité, au lieu de se déplacer horizontalement sur une frise chronologique, est toujours le passage du temps qui passe à la nouveauté de l’éternité qui apparaît. Il faut ici une conversion radicale de notre rapport au temps et à l’avenir de l’homme. On considère trop facilement que notre vie est un segment et l’on sacrifie volontiers l’absolu de notre temps pour un avenir que l’on imagine plus digne d’intérêt. C’est toujours un peu inquiétant de penser que l’on va sacrifier notre vie pour que nos enfants aient un avenir meilleur. Chaque génération, chaque personne, doit pouvoir vivre toute son histoire comme un absolu. Nous ne sommes pas les produits d’une évolution pour que demain ouvre à de jours meilleurs. Ils peuvent être meilleurs comme ils peuvent être pires !

J’apprends dans ma famille à recevoir mon rapport au temps comme un aujourd’hui où se joue ma décision face à l’éternité. Je ne suis pas seulement le moyen d’arriver à une époque meilleure : je suis une liberté appelée à se décider pour l’éternité. La famille est le lieu d’apprentissage de la vie éternelle, non pas celle d’un après la mort, mais celle de l’appel concret de la vie de tout homme à se décider pour le Bien reconnu en Dieu. Comment allez-vous parler à vos enfant de leur avenir, comment allez-vous construire leurs études, en les situant, non pas par rapport aux quarante années qui viennent mais par rapport à l’aujourd’hui de Dieu qui maintenant est présent et les appelle ?

Le critère de discernement d’une personne pour savoir où elle doit aller n’est pas le temps chronologique qui fait que demain il y aura un monde meilleur mais le temps présent qui fait qu’aujourd’hui j’apprends à vivre à la mesure de l’éternité. Devenir saint dès l’âge de cinq ou six ans est une possibilité réelle – chose importante que l’on oublie parfois. La sainteté n’est pas d’abord le partage des gens de quatre-vingt-quinze ans qui auraient essayé toute leur vie de connaître l’humanité dans sa plénitude. Un enfant de sept ans, dans l’offrande de sa liberté à l’échelle de l’éternité, peut vivre déjà la plénitude de l’homme dans sa relation au Christ. Cela va évidemment purifier l’ambition, non pas l’enlever mais la purifier, la libérer. Finalement, ma vocation dans le temps, ma charge ou mon rôle dans l’histoire, n’ont de sens que par un absolu déjà éprouvé, déjà goûté. Je ne vais pas devenir père ou mère pour réaliser mes ambitions, mais pour accomplir par surcroît cette éternité que je goûte déjà. Sur ce point, la famille joue un rôle fondamental.

Dans la famille se donnent en effet toutes les premières paroles sur l’ambition, se dévoile à l’enfant l’horizon de son avenir. Lorsque la famille a comme horizon une réussite sociale, une carrière qu’il faudrait accomplir, c’est plus compliqué de poser votre vie et de la donner à Dieu dans la vie consacrée. La famille est le laboratoire de la foi, le premier lieu où se donne la possibilité concrète, dès l’âge de six ou sept ans, de donner toute sa vie à Dieu. De fait, il n’est pas si simple d’avoir aujourd’hui un échange simple autour d’une table familiale en disant que le véritable avenir de l’homme, c’est d’être comme le Christ et que cette configuration au Christ à l’échelle de l’éternité est possible dès l’enfance dans ce qu’on appelle la première communion.

 

Sommaire

1e partie : Expérience de l'esprit de famille

2e partie : Famille, d'où es-tu?

3e partie : Famille, d'où es-tu? (suite)

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Published by Equipe du blog - dans Conférences
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  • : Célibataires chrétiens: en route vers le Mariage
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  • : Ce blog apporte du sens sur la question du célibat des chrétiens/chrétiennes qui ont vocation à se marier religieusement et à fonder une famille chrétienne. Le blog répertorie les sites, les documents, propose la découverte de témoignages vécus sur le célibat chrétien non-consacré et apporte son grain de sel (de la Terre) sur cette question ô combien délicate. Frères et Soeurs, nous sommes plusieurs à vivre ce chemin de Vie qui nous fait franchir les difficultés pour mener au bonheur.
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