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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 07:00

Le Père Leproux appuie là où les célibataires doivent se poser de légitimes questions : doit-on se retrancher dans la peur de l'échec? la peur de se donner tout entier? ou bien aller de l'avant avec discernement en se renouvelant sa confiance en Dieu? La question est posée car c'est la réponse à la vocation au mariage : croire, aimer, durer, pardonner et vivre l'éternité de l'amour avec Dieu. Bonne lecture!

 

La famille, cellule d’Église (5e partie et fin)
Par le Père Alexis LEPROUX
à l’église Sainte-Anne de la Butte aux Cailles, le 14 mai 2011
Retrouvez ici l’intégralité du texte.
Source : http://www.paris.catholique.fr/


3. Famille, où vas-tu ? (suite)

Enfin, puisque la famille est cette cellule ou cette école de la vie éternelle, sa présence au milieu du monde devient bouleversante pour ceux avec qui elle entre en contact. Quand vous êtes éclairé par cet horizon de la vie éternelle, vous n’êtes pas en dehors du monde. Au contraire, cela vous permet d’être dans la cour de récréation à sept ans, dans les lycées à 15 ans, ou encore à la porte des écoles avec d’autres parents ou dans la vie professionnelle pour discuter, en bouleversant – je dis bien en bouleversant – le rapport que les personnes ont avec leur propre temps, avec leur propre histoire. C’est tout simplement déstabilisant de découvrir des gens libres par rapport à la mort. C’est déstabilisant de découvrir des enfants qui vivent à l’échelle de l’éternité et qui n’ont pas peur de mourir. Avoir appris dans sa famille qu’il n’y a de vie véritable en dehors de la vie éternelle, qu’il n’y a de vie véritable en ce monde que par le don total de soi, change son rapport au temps qui passe.

Il est évident qu’un célibat consacré est inenvisageable sans l’expérience concrète de la vie éternelle, déjà concrètement éprouvée. La fidélité conjugale est aussi dans cet ordre-là. La possibilité d’être dans son travail ou dans une communauté scolaire avec une parole libre suppose de ne pas avoir peur. Il y a forcément un moment où la peur de la vérité peut paralyser les exigences de la conscience.

La famille apprend, lorsque son horizon est l’éternité qu’il est possible d’aimer jusqu’au bout et de mourir pour la vérité. La famille est en effet le premier chemin de la liberté spirituelle qui permet d’être engagé dans le monde, non pas à le mesure de ses succès, non pas à la mesure des images de succès que le monde projette et dans lequel on serait tenté de conduire l’humanité, mais dans ce qu’on appelle une liberté de conscience qui, parce qu’elle est comblée de grâce, est prête à tout. Préparer un enfant à la première communion à dix ans, ou à treize ans, ou à vingt-ans ou à quarante ans, c’est le situer non pas dans l’horizon de la mort – « un jour, je vais mourir » – mais dans la plénitude de la vie déjà accordée : « aujourd’hui, je vis pleinement ».

On voit bien que cet « aujourd’hui, je vis pleinement » qui s’appelle aussi une profession de foi, cela suppose un travail au jour le jour : on ne fait pas de réserve d’amour, on ne fait pas de réserve de vie ! Elle la reçoit comme le pain quotidien, au jour le jour. Quand je me lève le matin, quand je suis assis au milieu de mes enfants, quand je joue avec eux – non pas comme des maîtres qui auraient acquis la certitude de l’éternité, mais avec eux – je vie la possibilité concrète d’aimer jusqu’au bout. Dans une famille, cela se joue ainsi, au quotidien, en faisant la vaisselle, en passant le balai, en donnant la vie sans s’en apercevoir mais en l’éprouvant vraiment. Et cela se vit aussi dans l’échec. Devant l’impossibilité concrète de se donner jusqu’au bout, j’expérimente le sommet de la vie, le pardon. Chacun se découvre débiteur de tous les autres. Comment allons-nous donner jusqu’au bout notre vie ? En pardonnant jusqu’au bout à tous ceux qui ne donnent pas leur vie jusqu’au bout. Un père de famille peut expérimenter cet échec par rapport à ses enfants : il sait aussi qu’il vivra de l’amour et du pardon que ses enfants lui accordent ou lui accorderont.

De cet amour et de ce pardon, il se verra appelé à se donner encore plus, à la mesure du pardon donné. On approche de ce retour, de ce reditus où l’homme devient vraiment image de Dieu qui donne vie en pardonnant. Sous prétexte de réussite professionnelle, de réussite familiale et de vocation, on imagine que demain se jouera la vie véritable. La vie familiale est le lieu premier de la vie ecclésiale qui permet, dès l’enfance, et dès aujourd’hui, d’aimer jusqu’au bout. Chacun est conduit à la possibilité réelle d’aimer, de pardonner et d’être aimé. De ces personnes qui se marient et qui donnent la vie, se construit la grande communauté ecclésiale qui devient sel de la terre et la lumière du monde. Par elles, est appelée à s’éprouver, non pas par de grands discours mais par la vie concrète de sa journée, l’avenir de l’humanité, l’avenir réel de l’homme. Aujourd’hui, dans la famille, se joue le grand mystère de l’amour véritable, celui qui construit l’Eglise, celui qui conduit à Dieu.

 

Sommaire

1e partie : Expérience de l'esprit de famille

2e partie : Famille, d'où es-tu?

3e partie : Famille, d'où es-tu? (suite)

4e partie : Famille, où vas-tu?

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Published by Equipe du blog - dans Conférences
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  • : Célibataires chrétiens: en route vers le Mariage
  • Célibataires chrétiens: en route vers le Mariage
  • : Ce blog apporte du sens sur la question du célibat des chrétiens/chrétiennes qui ont vocation à se marier religieusement et à fonder une famille chrétienne. Le blog répertorie les sites, les documents, propose la découverte de témoignages vécus sur le célibat chrétien non-consacré et apporte son grain de sel (de la Terre) sur cette question ô combien délicate. Frères et Soeurs, nous sommes plusieurs à vivre ce chemin de Vie qui nous fait franchir les difficultés pour mener au bonheur.
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