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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 08:00
Que l'on soit pour ou contre les positions du Père Luc Ravel, le mérite revient à ce que le sujet soit abordé, même sur un événement ponctuel, même dans un entretien radiophonique de courte durée. Le célibat ne touche pas uniquement les chrétiens, loin s'en faut. Mais, notamment chez les catholiques pratiquants, la prééminence du mariage comme lien sacramentel renforce le poids du célibat et la souffrance induite par cette situation très inconfortable à celles et ceux qui ont la vocation au mariage chevillée à la foi et au coeur.

Comment agir lorsque les occasions de rencontres se raréfient dans la vie? Rêver de rencontrer son promis/sa promise durant un pèlerinage des célibataires... quand nous souhaiterions le/la rencontrer à la sortie de l'office, sur le parvis de l'église, tout simplement. Vos commentaires sont les bienvenus.



Jubilé de l'amour : un pèlerinage pour célibataires

Radio Vatican
02/08/2007 17.24.57
http://www.vaticanradio.org/fr1/Articolo.asp?c=147943


"Apprendre à aimer" : c’est le thème du pèlerinage pour célibataires organisé depuis le 1er août et jusqu’au 12 août en Italie par le Père Luc Ravel, Chanoine régulier de Saint Augustin, dans le département français de l’Ardèche.

Plus de 400 célibataires, français mais aussi suisses et belges, suivent les pas de saint François et sainte Claire, d’Assise à Rome où ils participeront à la prochaine audience générale de Benoît XVI.

En fait, le père Ravel a eu l’idée d’organiser ce pèlerinage, intitulé « Le Jubilé de l’amour », après avoir rencontré des célibataires et s’être rendu compte de l’ampleur du phénomène, selon lui, dans les sociétés occidentales : à savoir, donc, des personnes sans âme sœur.

Ecoutez le père Ravel joint à Assise par Axel May (1mn58)

Transcription de l'entretien :
Père Luc Ravel : « C’est en parlant avec elles, en les écoutant progressivement, que j’ai vu qu’en fait ce n’était que quelques personnes prises au milieu d’un phénomène qui était extrêmement ample, le phénomène… bon… de la solitude, des solos, pour reprendre un peu le terme des journaux et que nous pourrions peut-être retraduire, nous, dans le terme de célibat. »

Axel May : « Et pourtant vous dites aussi : il y a de plus en plus d’initiatives au sein de l’Eglise qui existent pour accompagner les célibataires. »

Père Luc Ravel : « Voilà ! Il y a une prise de conscience depuis quelques années, que je trouve merveilleuse, même si parfois avec impatience je souhaiterais qu’elle soit plus ample et plus rapide, des prises donc de conscience que ces personnes-là n’ont pas besoin d’être mises dans des ghettos, à part et autres, mais qu’elles ont des questions, un mystère, une vocation entre guillemets particulière à vivre dans leur état présent, et qu’il faut nécessairement, c’est notre tâche d’Eglise à la suite et au service du bon Pasteur, nous devons trouver des moyens et des initiatives qui ont été faites. Alors, je souligne par exemple un pèlerinage des célibataires, l’exemple français, à Sainte-Anne d’Auray… »

Axel May : « … et puis donc, le pèlerinage que vous vous organisez. Vous êtes plus de quatre cents. Alors, quel est le principe ? Chacun parle, se rencontre, discute. Et l’idée, c’est quoi ? C’est de former un couple à la fin du pèlerinage ou pas du tout ? »

Père Luc Ravel : « Alors, ne soyons pas naïfs. Il est clair que quand les personnes sont célibataires et qu’elles n’ont pas choisies, il y a en elles une attente profonde. Donc, ces personnes viennent et se mettent en marche. Si, au cours du pèlerinage, eh ben... il y a des rencontres qui se font et que des mariages ensuite se font dans les mois qui suivent, nous en sommes très heureux. Mais, pour moi, je ne mesurerais pas les fruits d’un pèlerinage au nombre de mariages qui se fait. La pédagogie qu’on essaye de mettre en place, de faire dire à des personnes et leur faire comprendre qu’elles ont une attente. Cette attente est absolument légitime, mais que cette attente ne doit pas les paralyser pour marcher à la suite du Christ et grandir grâce au bonheur qui nous accompagne tous les jours dans notre vie. Voilà ce dont elles doivent prendre conscience. »
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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 23:12
Il y a ce qu'on peut se dire... et ce que Dieu nous dit.

"Seule... dans ce monde"

Une pessimiste dit : " et ce n’est pas prêt de s’arranger ! "

Une pondérée dit : " il faut du temps au temps "

Une moqueuse dit : " la solitude est ma compagne ! "

Une angoissée dit : " mais qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? "

Une personne attentionnée dit : " s’il ne te voit pas, c’est qu’il ne te mérite pas ! "

Une travailleuse dit : " on n’a jamais rien sans rien ! "

Une philosophe dit : " après tout la vie n’est pas si mal que ça ! "

Une dévote dit : " Christ est déjà ton époux ! "

Une personne mesquine dit : " Il faut se contenter de ce que l’on a "

Une psychologue dit : " il faut te remettre en question ! "

Une personne méfiante dit : " il vaut mieux être seul que mal accompagné ! "

Une entêtée dit : " tu finiras bien par le trouver !

Une optimiste dit : " l’important c’est d’y croire ! "

Une fataliste dit : " il vaut mieux tard que jamais !

On peut en dire des choses…


* Mais ce qui compte pour ma vie, c’est ce que Dieu me dit !*

*Dieu dit : " Voici, je vais faire une chose nouvelle, sur le point d’arriver : *

* Je mettrai un chemin dans le désert, et des fleuves dans la solitude. " *

* Esaie 43.19 *

http://www.topchretien.com/topfeminin/?/5690/seule-dans-ce-monde
[Lydie Grivalliers]
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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 07:00
Huitième et dernière partie de la conférence. Sujet essentiel abordé par le Père Pascal Ide : la chasteté et la continence. Pourquoi et comment ce qui est considéré comme une entrave est en réalité une liberté pour la vie réussie d'un couple chrétien. Un conseil précieux : dans la rencontre avec votre promis ou votre promise, pour mieux discerner votre état d'esprit et le sien, voici une discussion de fond à évoquer tout de suite durant les premières conversations, surtout quand rien n'est certain entre vous. Bonne lecture !

 

 

Huitième partie :
"La grâce de Dieu est bien
plus forte que notre faiblesse"

 

"Je vais vous dire un petit mot important sur la distinction entre chasteté et continence.

 

Je sais bien qu’aujourd’hui, 95 % des couples concubinent, donc vivent ensemble. On sait aussi que les couples qui ont vécu ensemble ont une durée de vie qui est au minimum moitié moins que ceux qui n’ont pas vécu ensemble. Donc contrairement à ce qu’on peut croire, le fait de s’être « essayé », loin de solidifier le couple, le lien conjugal, au contraire le fragilise.

 

En l’occurrence, les raisons pour lesquelles tout à coup le couple qui vit ensemble va se marier, sont des raisons tellement contingentes que le lien n’est pas très solide. Et comme il n’y a pas d’engagement formel pendant des années, en fait, il y a toujours une porte de sortie qui fait que la volonté ne s’est jamais totalement tournée vers l’autre.

 

Mais je ne parle pas que du couple qui vit ensemble. Je parle aussi de la décision délicate et tellement intime des relations sexuelles avant le mariage. On le sait, l’Eglise elle-même estime que ces relations sont faites pour le mariage, au point même que Jean-Paul II a cette très belle expression, il ne parle pas de relations sexuelles, il parle de relation conjugale.

 

Soyons concrets : il y a quatre grands gestes dans l’amour.

 

Le premier geste : embrasser, ouvrir ses bras pour envelopper l’autre d’amour. Il y a le baiser, le baiser qui est un geste très intime par lequel je rencontre l’autre et par lequel j’échange mon souffle avec l’autre, dans ce qui habite l’intérieur de mon corps. La caresse, qui est un geste encore plus intime, par lequel, ce que disait Paul Valéry : « Je vais comme faire fleurir la chair de l’autre et le révéler à son propre être, par son corps. » Et l’acte ultime qu’est la pénétration par lequel deux êtres sont unis au plus intime d’eux-mêmes et peuvent dans leur amour donner la vie.

 

Quatre gestes admirables et quatre gestes qui pour autant sont ambivalents. Je peux embrasser quelqu’un et l’étouffer, je peux avec un baiser trahir, comme Judas, je peux avec une caresse séduire l’autre ou finalement ne chercher que mon désir et on sait combien malheureusement cet acte qu’est le viol est un acte par lequel je ne peux que me chercher moi-même voire faire violence à l’autre. Et si l’acte sexuel n’est pas anodin comme on le dit parfois aujourd’hui, comment se fait-il que le viol soit aussi puissant ? Si donc ces actes si beaux par lequel notre corps s’engage vis-à-vis de l’autre, sont aussi ambivalents, c’est donc qu’ils ne suffisent pas pour donner eux-mêmes pour donner sens à la relation.

 

C’est donc qu’il est nécessaire qu’il y ait une parole qui en signifie le sens, qui dit à l’autre : « Lorsque je te prends dans mes bras c’est parce que je t’aime et parce que je veux ton bien. » Et ainsi pour les trois autres gestes. Vous comprenez bien que cette parole-là elle doit dans le cœur précéder les gestes physiques c’est tout simplement ça que notre saint Père a voulu, dans son immense sagesse nous rappelle, c’est que avant de donner son corps, il faut donner son cœur. Sinon, on fait mentir son corps. Et à ce moment-là c’est notre être lui-même qui se prive.

 

Et le geste qui est l’union des deux corps suppose l’union intime des deux volontés qui seront véritablement unies que lorsque par un consentement irréversible je décide de me donner à l’autre. Bien sûr que la plupart des personnes qui ont des relations physiques le font parce qu’elles s’aiment, mais quel est cet amour ? Est-ce que c’est le véritable amour ? Le don irréversible ? Si cet amour est irréversible, pourquoi donc ne s’engagent-elles pas ? De cet engagement avec la force même que Dieu donne dans le sacrement de mariage.

 

Et donc nous dit Jean-Paul II, si l’Eglise tient tellement contre vents et marées surtout aujourd’hui à cet immense cadeau qui est d’avoir une relation conjugale dans le sacrement de mariage, après le mariage lui-même, après l’échange des consentements, c’est qu’elle tient à cette profonde unité du corps et de l’âme. J’ai bien conscience que dans toute société hyper érotisée d’aujourd’hui, c’est un véritable défi, mais je crois bien aussi que la grâce de Dieu est bien plus forte que notre faiblesse. Et comme disait le curé d’Ars, finalement, dans nos combats, comme dans le sacrifice, ce qui coûte le plus c’est le premier geste.

 

Ce sacrement de mariage c’est la seule réalité des sept sacrements qui soit d’abord naturelle. Cela signifie que c’est d’abord une réalité très humaine, sur laquelle Dieu vient et en même temps une réalité extraordinairement spirituelle.

 

Un prêtre qui voulait expliquer le mariage disait : Un jour le bon Dieu se demanda : « Comment Je vais faire pour montrer aux hommes que Je les aime ? C’est vrai que la création est admirable, c’est vrai qu’il y a la Vierge Marie, il y a les sacrements, il y a surtout le Christ, c’est quand même immense tout ça. Ah, il faudrait que Je dépose dans la création quelque chose de l’amour que J’ai moi pour ces créatures. Il faudrait que ces créatures que j’ai mises dans le monde voient de quel amour Je les aime. Ah! J’ai trouvé, J’ai trouvé! Je vais mettre entre l’homme et la femme l’amour qu’il y a entre Dieu et moi. » Et ce jour-là Dieu inventa le mariage."

 

Conférence du Père Pascal Ide, Forum de l’Amour du 29 janvier 2005.

Sources : http://www.generationjpii.org/article775.html et http://www.forumdelamour.com/

 

Première partie : "Être soi-même pour rencontrer son promis ou sa promise"
Deuxième partie : "Se donner, ce n’est pas s’immoler"
Troisième partie : "Ces petites délicatesses qui font justement tout le secret de l’amour"
Quatrième partie : "Il y a besoin de prendre du temps pour se connaître l’un l’autre"
Cinquième partie : "Le courage, c’est d’affronter la peur"
Sixième partie : "Dieu nous a créés libres"
Septième partie : "C’est le premier signe important : la parole sans ambiguïtés"

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 07:00

Septième partie de la conférence. La Divine Providence est facétieuse, elle agit toujours là où on l'attend pas. Entre "Les paroles ne suffisent pas, les gestes comptent" ou son contraire "Les actes ne comptent pas autant que les paroles", comment bien discerner ? En apprenant à bien connaître son promis ou sa promise. Bonne lecture !

 

 

Septième partie :
"C’est le premier signe important :
la parole sans ambiguïtés"

 

"Autre fausse conception de Dieu. Comme je n’ai pas confiance en moi, comme je sais que la situation est incertaine et que même si j’ai le bonheur de rencontrer quelqu’un qui serait une espèce de croisement improbable de Brad Pitt, Albert Einstein et saint François d’Assise, ou bien Julia Roberts, Marie Curie et mère Teresa, que même si je rencontre cet être pratiquement improbable même là il y a encore un risque. Seigneur je te demande de pouvoir être celui qui m’assure de...

 

Dieu n’est pas une assurance tous risques. Dieu ne retirera pas les difficultés de votre chemin. Il sera avec vous et vous accompagnera, c’est tout à fait différent. Soyons bien clair là-dessus. Parce que qu’est-ce qui va se passer ? Une mère de famille qui me racontait ça : « J’ai demandé à Dieu depuis des années qu’Il résolve mes problèmes avec mes enfants et finalement Dieu n’a pas répondu. Et aujourd’hui je suis révoltée parce que je me rends compte que Dieu n’est plus là. » Et donc on se rend compte que Dieu n’est plus là. Et donc on se rend compte que cette prière qui demande à Dieu de faire à notre place subtilement provoque son contraire et finalement on est en révolte.

 

Alors par rapport à cela, par rapport aux signes qu’on demande à Dieu, il peut y avoir une grande ambiguïté. Je vais vous donner un exemple concret. Une personne qui était amoureuse d’une autre, une jeune femme qui était amoureuse d’un jeune homme, et qui prévoit de partir dans un voyage organisé où ce jeune homme se trouvait. Oh c’est merveilleux, on pourrait davantage se connaître. Et elle se rendait bien compte qu’il n’était pas indifférent, elle était vraiment amoureuse et lui n’était pas indifférent. « Mais est-ce qu’il faut que je parte ? Bien le meilleur moyen de savoir, je prends ma bible, j’ouvre ma bible et je demande un texte au bon Dieu. » Et elle tombe sur le texte : « Je t’emmènerai au désert, je te fiancerai à mon cœur. » « Et je tombe sur ce texte-là qui parle de fiançailles : c’est clair, merci Seigneur, je pars. »

 

Elle part en goum. Et voilà que contre toute attente pendant le voyage, le jeune homme s’intéresse à une autre jeune fille ; il s’y intéresse même tellement que finalement il s’est marié avec elle. Et quand je la rencontre, et qu’elle me raconte son histoire, elle était dans une révolte noire : « Non seulement, il est parti, il m’a quitté, mais le bon Dieu m’a donné un signe et il m’a trahi. » Alors est-ce que Dieu l’a trahie ? Est-ce que c’était vraiment un signe de Dieu ? Pour qu’il y ait signe de Dieu, il faut que notre cœur soit suffisamment neutre, soit suffisamment indifférent pour pouvoir envisager l’hypothèse A et l’hypothèse contraire. Donc déjà que le cœur soit paisible.

 

Or quand on est amoureux, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on est déjà très orienté. Pour l’amoureux, tout est signe. « Oh mon père, je suis assis là, ça fait trois fois que cette jeune femme blonde s’assied, c’est absolument certain qu’elle est pour moi. » Ah oui, il n’a pas remarqué que cela fait quatre fois que cette jeune femme brune s’est assise de l’autre côté.

 

Ah, c’est clair que le désir prédestine l’orientation donc le cœur n’est pas vraiment libre. Et puis deuxièmement, il peut y avoir une subtile manipulation du Seigneur, parce que pour que Dieu parle comme ça, avec des mots dans l’Ancien Testament. Ne demandons pas à Dieu ce que notre intelligence elle-même ne résoudrait pas. Dieu voit dans sa création.

 

Bon imaginons que l’intelligence humaine soit courte, saint Jean de La Croix qui dit ça. Mais là encore, pour obtenir un signe de Dieu, il aurait fallu qu’elle lui demande : « Si c’est ça donne-moi des signes, si ce n’est pas ça donne-moi des signes ou inversement que je ne tombe pas sur la bonne page où il n’y ait pas le mot fiançailles. » Il est écrit de nombreuses fois dans l’Ancien Testament.

 

Mais en l’occurrence, donner la possibilité à Dieu de dire oui ou non. Comme ce n’était pas le cas, elle a récupéré la parole de Dieu dans son sens à elle.

 

Donc je ne dis pas que Dieu ne donne pas de signes. Lorsqu’on est amoureux, c’est délicat d’interpréter. En l’occurrence, si on ne veut pas se tromper, c’est vrai qu’il y a toujours la possibilité et donc je pense que dans ce domaine-là, les deux signes véritables sont les suivants : le premier c’est que l’autre me dit : « C’est toi que j’aime et avec qui je veux faire un bout de chemin. » Je dis ça notamment pour vous mesdemoiselles, vous avez une capacité à interpréter qui est tout à fait admirable, qui est tout à fait riche, mais le fait qu’il vous ait simplement frôlé le bras ne signifie pas qu’il est en train de rêver à vous épouser.

 

Non, vous avez une capacité d’interprétation très très grande sans aucun doute, mais les gestes ne suffisent pas, ce sont les paroles : « Je suis prêt à m’engager avec toi. Je dis bien faire un bout de chemin ensemble, je ne parle pas encore de se marier, au moins faire un bout de chemin. » C’est le premier signe important : la parole sans ambiguïtés.

 

Et deuxièmement l’ultime signe réel, c’est le signe du sacrement de mariage. « Je me donne à toi. » Ça c’est vraiment le signe par lequel Dieu lui-même s’engage. Alors quand je dis cela, je n’empêche pas du tout au contraire qu’on demande à Dieu de préparer notre cœur. Il est important de préparer son cœur et de préparer son cœur aussi dans la prière à son futur conjoint. De ce fait-là, de prier tous les jours pour lui me paraît non seulement souhaitable mais tout à fait désirable pour ouvrir notre cœur.

 

Ce que je dirais c’est que là encore il y a un juste milieu. Il y a celui qui ne prie jamais, qui n’a confiance que dans ses propres forces, et c’est bien dommage de ne pas mettre Dieu de son côté, si je puis parler ainsi, mais de l’autre côté il y aussi celui qui ne fait que des pèlerinages, il est complètement obsédé. Alors à cette personne, je lui dis volontiers : « Dès que vous avez une prière pour votre futur conjoint, ayez aussi une prière pour votre vocation profonde qui est de vous donner. Or, si vous n’êtes pas encore aujourd’hui marié, aujourd’hui par contre vous pouvez vous donner. Et si vous vous êtes donnés aujourd’hui, votre journée n’est pas perdue. » « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour », disait saint Jean de la Croix. Et donc si au soir de cette journée, vous avez aimé, votre journée a été belle. C’est ce que Dieu verra lui-même dans vos yeux, ce dont Il vous remerciera. Il est important d’équilibrer. Il faut se rappeler que notre vocation fondamentale c’est le don. Et le mariage est un chemin vers le don."

 

Conférence du Père Pascal Ide, Forum de l’Amour du 29 janvier 2005.

Sources : http://www.generationjpii.org/article775.html et http://www.forumdelamour.com/

 

Première partie : "Être soi-même pour rencontrer son promis ou sa promise"
Deuxième partie : "Se donner, ce n’est pas s’immoler"
Troisième partie : "Ces petites délicatesses qui font justement tout le secret de l’amour"
Quatrième partie : "Il y a besoin de prendre du temps pour se connaître l’un l’autre"
Cinquième partie : "Le courage, c’est d’affronter la peur"
Sixième partie : "Dieu nous a créés libres"

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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 07:00
Sixième partie de la conférence. Se promettre à soi-même, et tenir ses promesses. Voilà un beau message porteur d'espérance. Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que l'on vous fasse est un refrain longtemps entendu. Alors pourquoi untel ou unetelle se comporte mal avec vous? Un jésuite vous répondra par une question : êtes-vous sûr(e) d'avoir bien choisi votre interlocuteur ou votre interlocutrice? L'état d'esprit est la liberté que nous avons à partager en premier. Bonne lecture !

 

 

Sixième partie :
"Dieu nous a créés libres"

 

"Deuxième vertu, non morale mais théologale : l’espérance.

 

C’est intéressant, lorsque vous lisez la lettre de Jean-Paul II, de voir lorsque Jean-Paul II s’adresse à chacun des continents, il s’adresse à l’Europe, il donne comme mot d’ordre l’espérance. Quand il a parlé de l’Afrique, il a donné comme mot d’ordre la famille. Il a très bien expliqué Jean-Paul II que notre problème à nous c’est de manquer d’espérance.

 

Rappelez-vous Le journal d’un curé de campagne où Georges Bernanos disait : « Ma paroisse se meurt d’ennui », autrement dit elle dépérit. C’est vrai que ce que nous rencontrons aujourd’hui c’est un monde où il y a une espèce d’hypertrophie des moyens, on n’a jamais eu autant de moyens, et une atrophie des sens, des finalités. Autrement dit pas d’espérance. Et pour arriver à affronter les risques, il nous faut avoir des raisons de vivre et précisément avoir des buts.

 

Je me souviens d’un échange entre un mari et une femme, et on demande à la femme mariée : « Mais vous n’avez pas peur que votre mari vous trompe ? » Elle répond : « Non, mon mari m’a promis de rester fidèle. » Certains diront : c’est bien naïf. Mais qui est le plus naïf ? C’est celui qui ne croit plus à l’espérance ou celui qui ne croit plus à la promesse ? L’espérance repose sur une promesse. Quand on se marie, il y a la rencontre d’une personne qui promet et d’une personne qui fait confiance. Qu’est-ce qui est le plus important ? La promesse a un sens, c’est un lien entre deux personnes. Quand vous promettez, avant même que vous ayez accompli ce que vous promettez, l’autre : « Je vais partir pendant un an en Angleterre, je te promets que je t’écrirai tous les mois. » Avant même que l’autre envoie des lettres, par la promesse, vous vous engagez et donc vous commencez à créer un lien qui est solide.

 

Mes amis, est-ce que vous promettez régulièrement des choses aux autres ? A fortiori, est-ce que vous tenez vos promesses ? Et quand on apprend à promettre et à tenir dans la promesse, on se prépare à une relation plus durable, à une relation plus fiable et en l’occurrence, il faut pour qu’il y ait mariage, d’un côté qu’il y ait promesse, je te promets de t’aimer. Et de t’aimer avec la grâce de Dieu toujours. D’un autre côté la confiance, important la confiance. Faire confiance c’est croire en l’autre et non pas croire ce que fait l’autre.

 

Othello voulait absolument savoir si Desdémone était fidèle. Quand on commence à vouloir savoir et qu’on cesse de croire, on transforme en fait l’amour en jalousie. La jalousie veut ouvrir le cœur de l’autre pour avoir une certitude que l’autre nous aime. Hors je suis désolé, l’amour ça ne se démontre pas. L’amour ne se prouve pas, ça s’éprouve. Dans l’amour, on ne peut faire que confiance. Dans l’amour, on ne peut donner que des signes. Par contre, quand il y a confiance d’un côté, et de l’autre côté promesse, ça peut durer. Donc apprenez à prendre des risques et dans vos vies engagez-vous plus souvent, en promettant à vos amis, à ceux qui vous sont proches, à votre voisine, allez la voir, etc.

 

Troisièmement, qui va rejoindre les signes, la question de la présence de Dieu. Est-ce que Dieu est présent ? Est-ce que Dieu fait signe ? Est-ce que Dieu lui-même peut nous dire si c’est lui ou si c’est elle ?

 

Sur cette question-là, il y a quand même un certain nombre d’ambiguïtés. Bien évidemment que l’amour intéresse le bon Dieu, ça il n’y a pas de doute. Dieu s’intéresse au mariage puisqu’il est amour. Maintenant, le moins qu’on puisse dire, c’est que Dieu s’intéresse aussi à une autre réalité qu’il a créée en nous et qui est la liberté.

 

Vous connaissez l’histoire de ce vieux Juif qui voulait absolument gagner au loto. Tous les jours il priait le Très Haut : « Fais-moi gagner au loto. » Tous les jours. Et puis il ne gagnait pas au loto. Et au bout d’un an malgré une prière assidue, il apprend que son voisin, un goy, un non-Juif, gagne au loto. Alors là, il est fou de rage : « Moi je te prie tous les jours et pas lui, et il gagne au loto. Franchement il doit se passer quelque chose. » Et ce jour-là, le Très Haut lui parle : « Mais tu sais moi je voudrais bien que tu gagnes au loto mais s’il te plaît achète au moins un billet. »

 

C’est aussi l’histoire du prêtre qui invoquait l’Esprit Saint lorsqu’il montait en chaire : « Esprit Saint, dis-moi ce que j’ai à dire et je le dirais. Dis-moi seulement ce que j’ai à dire. » Et voilà qu’un jour, l’Esprit Saint lui dit : « Eh bien, tu vas dire à tous ceux qui sont là, que tu es un gros fainéant. »

 

J’avais rencontré une jeune célibataire qui disait : « Moi je m’occupe des affaires du bon Dieu, donc Lui s’occupe des miennes. » Je m’occupe, je prépare le forum de l’Amour ; il se passait des choses : Toussaint Paris, etc. Mais pour le reste c’est à Lui. Je lui raconte l’histoire du Juif et de son ticket de loto et quinze jours après elle me téléphone en me disant « J’ai acheté un ticket de loto. » Je crois que ce n’est pas vraiment ce que j’avais voulu lui dire. Elle m’explique : « J’ai invité des amis chez moi, autrement dit j’ai pris les moyens pour rencontrer des personnes. »

 

Notre bon Dieu nous a créés libres donc prenons les moyens pour. Quelle fausse conception de Dieu que de s’imaginer que Dieu doit faire les choses à notre place !"

 

Conférence du Père Pascal Ide, Forum de l’Amour du 29 janvier 2005.

Sources : http://www.generationjpii.org/article775.html et http://www.forumdelamour.com/



Première partie : "Être soi-même pour rencontrer son promis ou sa promise"
Deuxième partie : "Se donner, ce n’est pas s’immoler"
Troisième partie : "Ces petites délicatesses qui font justement tout le secret de l’amour"
Quatrième partie : "Il y a besoin de prendre du temps pour se connaître l’un l’autre"
Cinquième partie : "Le courage, c’est d’affronter la peur"
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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 07:00
Cinquième partie de la conférence. La peur, le découragement, la colère, la tristesse, l'envie... que d'émotions qui nous prennent d'assaut, nous tourmentent et nous laissent désemparés. Autant d'obstacles sur notre route vers le mariage. Apprenons à bien nous connaître, en commençant par regarder de plus près ce qui nous fait peur. La prière de saint François d'Assise nous guide en chemin vers le coeur. Bonne lecture !

 

 

Cinquième partie :
"Le courage, c’est d’affronter la peur"

 

"Autre moyen aussi, c’est plus qu’un moyen : prendre des risques. Parce que je pense qu’en effet une des questions majeures c’est la question d’oser. Alors que nous dit Jean-Paul II lorsqu’il a écrit une si belle lettre sur l’Europe ? Il a montré que ce dont l’Europe manquait le plus c’était d’espérance, parce que l’Europe avait du mal à s’engager, notamment l’Europe, dit-il, se caractérise par trois signes : moins de vocations, ou plutôt dans l’Europe de l’Ouest, moins de d’enfants et moins de mariages. Difficulté à pouvoir s’engager, c’est une difficulté à oser. Sainte Thérèse d’Avila parlait de l’aventure de la vie.

 

Soyons plus concrets. Alors d’abord une chose : c’est que là nous sommes dans une société du risque zéro, une société très sécuritaire et qu’on aimerait bien en effet avoir une sécurité sur nos familles. Et comme on se rend compte que rien n’est certain, la tentation ce serait de dire, mais finalement, moi je ne peux pas être responsable et prendre des risques. Donc je vais demander à Dieu. Pour apprendre à prendre des risques, il y a deux moyens, parce que je pense que la question n’est pas d’arriver au risque zéro, c’est au contraire d’apprendre à affronter les risques.

 

Deux moyens qui sont deux vertus : les vertus sont des dispositions qui nous permettent d’aller de l’avant. Le courage, on parle très peu du courage, le courage ce n’est pas d’éliminer la peur, le courage c’est d’affronter la peur. Ce petit enfant qui doit aller chez le dentiste et qui lorsque la maîtresse lui dit « Dis donc, je crois que c’est l’heure du dentiste. » Il en a tellement peur, il se cache sous la table, et la maîtresse lui dit :: « Tu sais je comprends que tu aies peur, mais tu peux aller chez le dentiste avec ta peur. »

 

On peut vivre avec sa peur et affronter l’obstacle. Je comprends que vous ayez peur de vous engager. Soit on écoute sa peur et on ne bouge plus, soit on la domestique et, progressivement, on utilise cette énergie pour aller dans la direction qui est la nôtre.

 

Concrètement d’abord, je vous encourage dans vos vies à poser souvent des petits actes de courage.

 

Moi, l’autre jour, je devais prêcher, il y avait une quantité de prêtres avec moi, sur un sujet délicat et difficile. J’ai dit : « Allez, je me lance. » Et c’est vrai que j’avais la peur au ventre, parce que c’est un sujet pas facile et impopulaire. « J’y vais. » Et tant qu’on ne pose pas d’acte par lequel on affronte une peur, on ne grandit pas dans le courage. Et notamment, très volontiers poser des décisions qui vous engagent de plus en plus.

 

On peut distinguer quatre types de décisions. D’abord, les décisions toutes simples, qui ne nous coûtent pas, par exemple écrire. Cela ne nous coûte pas grand-chose que d’écrire j’imagine, cela ne nous demande pas beaucoup d’énergie. On prend une décision. Ça c’est le premier niveau de décision.

 

Deuxième niveau de décision : là, c’est l’acte qui coûte. Le matin, on est bien fatigué, on a trois heures de sommeil seulement derrière nous, on doit se lever. La décision demande de l’énergie et demande éventuellement de s’arracher à quelque chose qui nous plaît. C’est le deuxième niveau de décision.

 

Troisième niveau de décision : la décision qui non seulement coûte, mais qui engage et qui demande même que l’on quitte, par exemple changer de ville, déménager, changer de profession, etc. Quand j’ai dû quitter Paris pour aller à Rome, c’est un acte qui m’a vraiment coûté. J’ai quitté tout ce qui faisait ma vie de prêtre ici à Paris et ça a vraiment été coûteux. Et je n’ai vu le fruit que ça a porté que lorsque j’ai quitté ce qui faisait ma vie pendant neuf ans à Paris.

 

Et quatrième niveau de décision : c’est la décision irréversible. Autrement dit, les engagements : le mariage ou la consécration. Et vous comprenez, si l’on ne pose jamais d’actes qui soient de niveau 3, seulement des actes de niveau 1 et vaguement des actes de niveau 2, on aura plus de difficultés à poser un acte de niveau 4. On se prépare progressivement à affronter les difficultés, on se prépare progressivement à poser cet acte irréversible par lequel je vais m’engager par rapport à quelqu’un que si dans sa vie.

 

Petit à petit on apprend progressivement à bouger. Petit à petit, l’oiseau fait son nid. C’est vraiment la grande loi de la vertu, ça c’est la première vertu, la vertu de courage, qui nous permet de nous affronter à un monde qui forcément n’est pas un monde sécurisant."

 

Conférence du Père Pascal Ide, Forum de l’Amour du 29 janvier 2005.

Sources : http://www.generationjpii.org/article775.html et http://www.forumdelamour.com/

 


Première partie : "Être soi-même pour rencontrer son promis ou sa promise"

Deuxième partie : "Se donner, ce n’est pas s’immoler"

Troisième partie : "Ces petites délicatesses qui font justement tout le secret de l’amour"

Quatrième partie : "Il y a besoin de prendre du temps pour se connaître l’un l’autre"

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 07:00
Quatrième partie de la conférence. Dans le déroulement de notre vie, nous sommes habitués à enchaîner les étapes. Comment vous ouvrir à l'inattendu si vous vous focalisez sur l'objectif ? Sincères dans leur volonté de bien agir, des hommes et des femmes (vous peut-être qui lisez cet article) établissent une "liste des courses" (variantes : "grille de lecture", "cases à cocher", etc.) élaborée selon des critères définis, voire très arrêtés : égoïsme et quête de la perfection sont des tentations dont il vaut mieux s'éloigner. Quelquefois, les chemins détournés révèlent la volonté du Très-Haut. Bonne lecture !

 
 

Quatrième partie :
"Il y a besoin de prendre du temps
pour se connaître l’un l’autre"

 

"Deuxième point, les critères de l’appel. Ah, question concrète : « Mon père, comment savoir si Roméo est fait pour moi, moi qui m’appelle Juliette ? » Et vice et versa. Comment discerner l’homme ou la femme de ma vie ? Vous allez enfin avoir la réponse. Je ne suis pas certain. Mais, en tout cas je vais essayer de vous donner des choses concrètes.

 

Je distinguerai trois grandes sortes de critères.

 

Premier critère le plus évident, critère subjectif : je ne vais pas revenir là-dessus parce qu’on vient de le voir, c’est assez simple. Si l’on ressent quelque chose pour l’autre, tout simplement. L’amour est une hallucination, c’est saint Augustin qui disait : « tendez les doigts à un enfant et l’enfant lui-même avec sa main veut s’approcher des doigts » le désir de l’autre c’est comme une espèce de lien invisible qui m’attire.

 

Le premier critère c’est : « est-ce que je ressens quelque chose pour l’autre évidemment ? En effet, il y a en moi quelque chose qui tressaille. » Là-dessus, ne cloisonnez pas trop l’amour et l’amitié. Je me rends compte que beaucoup de célibataires qui arrivent à un certain âge ont un certain nombre d’amis mais pour autant ils ne s’estiment pas amoureux d’eux. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais on dit bien qu’on ressent de l’amitié, si on ressent de l’amitié c’est donc bien qu’il y a du sentiment dans l’amitié et à trop cloisonner, à trop, au sens étymologique du terme, désérotiser l’amour, Eros c’est l’amour, au sens sensible du terme, à trop désérotiser la relation avec l’autre, notamment la relation d’amitié, on ne se rend plus compte que finalement parmi ses amis il pourrait y avoir quelqu’un que l’on épouse.

 

Je suis toujours étonné quand un bon nombre de personnes qui sont mariées depuis un certain temps disent bien que le conjoint est leur meilleur ami. À trop mettre de cloisons étanches, on oublie qu’avec des amis qu’on a depuis un certain temps finalement nous nourrissons un certain nombre de points de communion, d’affinités, qui pourraient très bien fonder un véritable amour.

 

Et le deuxième critère, le plus important, un critère objectif. Première chose évidente : ce qui est en commun, c’est quand même assez difficile. Donc, il y a des éléments en commun et naturellement les valeurs qui nous sont fondamentales et les plus chères. J’ai marié plusieurs couples dont l’un était croyant, l’autre incroyant, c’est possible mais ce que j’ai remarqué c’est que plus les différences sont grandes et plus l’amour doit être fort et, de fait, plus il y a besoin de prendre du temps pour se connaître.

 

Même lorsque les différences touchent la foi, il peut y avoir dans un couple un véritable fossé lorsque les questions essentielles se posent. Je pense à un couple, où un enfant malformé est attendu, il apparaît tout à coup de manière tout à fait claire les différences fondamentales, même sur le plan éthique. Donc qu’il y ait du commun, et en sachant que même si vous avez 99 % en commun, vous vous disputerez sur le 1 % qui est différent.

 

Un exemple concret : un couple, quinze ans de mariage ; le mari savait que s’il voulait agacer son épouse, il y avait une chose à faire, c’est lorsqu’il rentrait le soir, il prenait sa serviette et il la mettait au milieu de la pièce, il l’a toujours fait chez lui. Et son épouse aimerait qu’il mette sa serviette à côté de l’endroit où il mettait son manteau. Et pendant quinze ans, il a mis la serviette au beau milieu et qui aurait pensé à parler de ça ? Ce petit geste tout simple a fait qu’au bout de quinze ans il y avait un énervement mutuel au bord de la séparation. Jusqu’au jour où il s’est dit : « non mais c’est vrai, je lâche, je dépose ma serviette là. » Et ce tout petit geste a été en fait un immense parcours intérieur. Donc ça nous montre que si on veut avoir la garantie que nos 99,98 % est commun entre les deux ça suffit. Non.

 

Pour moi, les deux critères les plus importants sont les suivants : le premier, c’est la capacité à changer. Quand je prépare les fiancés, ce que j’essaie d’observer, c’est de voir dès le début très concrètement - un certain nombre de choses que je veux mettre en place -, s’il y a des difficultés de communication et deux mois, trois mois après, d’observer s’il y a véritablement eu un changement : s’il n’y a pas de changement, ça augure très mal de l’avenir. Et un changement en profondeur, pas un changement en soi. Parce que si on commence à changer, on pourra toujours changer et de fait il faut savoir qu’on aura toujours à changer, et tous les jours. Si elle aime bien dormir la fenêtre fermée et moi j’aime bien dormir la fenêtre ouverte, je suis désolé, il faut choisir entre l’un et l’autre ; et on peut véritablement se disputer sur des choses comme celle-là.

 

Et le deuxième point, le deuxième critère qui me paraît tout à fait essentiel ce n’est pas tellement de pouvoir changer c’est de savoir pardonner à l’autre. Ça me rappelle un couple qui s’entendait tellement bien, ils étaient à la limite désespérants, ils ne se disputaient jamais, mais vraiment jamais. À chaque fois que je les voyais, je leur disais « Mais est-ce qu’au moins vous vous êtes un petit peu disputés ? » Plus tard, un jour, je leur avais donné un rendez-vous pas possible, avec une carte vraiment nulle, occasion de se disputer, non ça n’a pas marché. Et enfin, une fois, ils s’étaient vraiment disputés. Joie, joie ! Je leur ai dit justement : « Maintenant vous vous êtes bien disputés, maintenant vous êtes bien déçus l’un de l’autre, vous vous êtes déçus vous-mêmes. » Qu’est-ce qui est le plus difficile parfois ? C’est de se pardonner à soi-même. Et bien maintenant, vous allez pouvoir surmonter cette déception et aller vers l’autre et donc ça veut dire que vous irez au-delà du mal qu’il vous a fait et vous pardonnerez.

 

Ce deuxième critère est tout à fait essentiel et demande l’aide de la grâce. Si ces critères sont en place et vous voyez que cela suppose qu’on ait un peu de temps, là je pense que ça peut durer. Le contraire même serait la formule terrible dont on dit de certains : « Ils n’ont rien appris, ils n’ont rien oublié ». Alors cela suppose de prendre du temps. Le président responsable de la pastorale du mariage et de la famille disait que pour des fiancés il comptait minimum six mois de préparation pour le mariage. Il m’est arrivé qu’on me dise : « Mon père, on se marie dans trois semaines. » Ils ont tout prévu, sauf le prêtre auquel on pense au dernier moment. On se donne peu de chance. Je ne dis pas qu’il faut autant de temps pour se préparer que pour devenir prêtre ou consacré, encore que quelquefois je me dis que ce ne serait pas si mal.

 

Troisième type de critère, c’est le critère directement divin si je puis dire ainsi. En tout cas, quelques petites conséquences concrètes. Se former.

 

Je suis frappé de voir le succès du livre de John Gray, "Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus", et je suis encore plus frappé de voir la difficulté qu’on a à se positionner comme homme et comme femme et que l’on se demande souvent quel est cet inconnu qu’est l’autre sexe. Et même si ce bouquin comportementaliste qui vient des Etats-Unis est parfois un peu caricatural, prendre le temps de découvrir quel est le mode de fonctionnement de l’autre sexe peut être parfois bien utile et notamment sortir de jugements sommaires qui très rapidement se transforment en accusations : les hommes sont tous des égoïstes, les femmes sont toutes un peu compliquées, c’est un peu rapide comme jugement. Donc se former.

 

Je crois, qu’en France, on a un certain nombre de bons ouvrages. Je crois que cela vaut la peine de lire le livre du père Quilici sur les fiançailles qui est un livre qui permet de préparer spirituellement et de découvrir un petit peu ce que c’est. Je crois qu’il est aussi important dans la formation de rencontrer des couples et des couples mariés parce qu’il n’y a rien de tel que l’expérience et rencontrer un couple, un couple avec lequel vous serez assez à l’aise pour lui poser des questions, permet de faire tomber un certain nombre d’idées ou tout simplement d’idées fausses. Prenez le temps d’aller rencontrer des couples qui ont une expérience sur la durée qui ne sont pas dans l’idéalisation et qui en même temps ont un véritable regard positif sur ce qu’ils vivent."

 

Conférence du Père Pascal Ide, Forum de l’Amour du 29 janvier 2005.

Sources : http://www.generationjpii.org/article775.html et http://www.forumdelamour.com/

 

Première partie : "Être soi-même pour rencontrer son promis ou sa promise"

Deuxième partie : "Se donner, ce n’est pas s’immoler"

Troisième partie : "Ces petites délicatesses qui font justement tout le secret de l’amour"

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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 07:00
Troisième partie de la conférence. Certes, il est très facile de confondre émotions et sentiments. Voilà que le Père Pascal Ide nous prévient : le sentiment d’amour n’est pas tout, à lui seul il ne cimente pas le couple uni dans le sacrement du mariage. Peut-être est-ce une sagesse à méditer longuement sur les petits actes d’amour avec nos proches, comme un entraînement intensif qui nous prépare à la vie conjugale. Soyez prompt à discerne que vos interlocuteurs partagent le même état d’esprit que vous pour que ce don soit riche dans les cœurs… Bonne lecture !

 

 

Troisième partie :
"Ces petites délicatesses qui font justement
tout le secret de l’amour"

 

"Une autre question aussi qu’on se pose par rapport à cette vocation au mariage, c’est toujours dans mon premier point, c’est : « peut-on s’aimer toute la vie ? » C’est clair qu’aujourd’hui quand on parle d’amour, l’amour c’est le sentiment d’amour, aimer de plus en plus quelqu’un c’est de plus en plus avoir de tremblements, des espèces d’immenses frissons qui parcourent l’épine dorsale quand on voit la personne, c’est aussi très agréable d’être amoureux, je ne sais pas si vous avez déjà été amoureux, mais il paraît que c’est très agréable, en tout cas.

 

Le problème, c’est que des études américaines ont montré que le sentiment amoureux ça durait entre trois et cinq ans. On est mal partis, surtout que aujourd’hui, avec la durée de vie qui s’allonge, vous en prenez minimum pour un demi-siècle.

 

Comment faire si ce n’est que le sentiment ? Et c’est vrai que je vois de plus en plus de couples qui se séparent tôt et qui disent « On est sincère ». J’ai vu l’autre jour un couple qui disait : « On se sépare tant qu’on s’aime ». Extraordinaire paradoxe ! « Comme ça on souffre moins. » Est-ce qu’en effet un couple peut se fonder seulement sur le sentiment d’amour ?


J’entends bien que c’est important surtout aujourd’hui, surtout après le XIXe siècle où le Romantisme a quasiment idolâtré ce sentiment d’amour. Mais le sentiment d’amour lui-même ça va, ça vient. C’est même très frappant de voir dans un couple que souvent le sentiment est asymétrique, souvent l’un aime plus que l’autre, si ce fait que l’autre se sent culpabilisé, donc essaie d’aimer un peu plus, il y a une espèce de mouvement de va-et-vient.

 

Si le sentiment amoureux est le seul fondement de l’amour, d’abord sa durée de vie est faible et surtout il y a quelque chose d’extraordinairement passif.

 

Le sentiment amoureux c’est très agréable, on s’en grise, on s’en enivre même, mais au fond on est plus acteur. Je ne crois pas qu’aimer de plus en plus quelqu’un, ce soit ressentir de plus en plus d’amour pour quelqu’un.

 

Je crois qu’aimer c’est de plus en plus chercher le bien de l’autre, aimer c’est très concrètement chercher ce qui pourrait plaire à l’autre. Je ne sais pas si vous connaissez les paroles admirables de ce couple qui a duré avec un amour toujours croissant, les Bourbon Busset, dans sa lettre à Laurence, Jacques de Bourbon Busset dit « Aimer c’est tous les jours tous les instants » et la première épître de Jean que cite Jacques de Bourbon Busset qui disait : « Mes petits-enfants n’aimez pas seulement en pensées et en intentions, mais en actes et en vérité. Aimer c’est penser des petits actes d’amour. »

 

Poser des actes d’amour ça commence ici. Comment se prépare le mariage ? Tous les jours poser un acte d’amour tout simplement. Si on se dit qu’aimer, c’est produire des actes d’amour, ça par contre on peut y arriver. Sinon, une espèce de modèle un peu anthropique, on s’imagine que voilà au point de départ, il y un cocon bien chaud qui se refroidisse le plus lentement possible pour que lorsque j’aurais 50 ans de mariage, je ne sois pas complètement égoïste.

 

L’autre jour, j’étais à un mariage et je voyais un « vieux couple », avec vingt ans de mariage, et tout à coup je vois le mari, qui avec un geste d’une infinie délicatesse prend le châle de son épouse et le pose sur son épaule, car il était un petit peu tombé. Combien de fois je suis reçu par des couples qui ont dix-quinze ans de mariage : « Bon passe-moi le sel ! » « Oh mon père, si vous voulez bien me passer le sel s’il vous plaît. »

 

Quand je vois le décalage - la politesse est le signe même de l’amour - combien facilement on perd ces petites délicatesses, qui font justement tout le secret de l’amour.

 

C’est vrai que ça ne paraît pas facile. Je pense qu’il y a un autre obstacle, par rapport au « durer toujours ». On n’est pas sorti du mythe romantique, le mythe romantique a fait de l’amour un dieu, et je pense que souvent on fait de l’autre un tout. Je reçois un jour une jeune mariée, que j’avais marié cinq ans avant, qui vient me trouver en crise aiguë en disant : « Mon père c’est terrible, je ne l’aime plus, non mais vraiment je ne l’aime plus. J’étais raide amoureuse pendant cinq ans et là il est parti pour son travail et c’est la première fois que non seulement je ne suis pas triste qu’il parte mais j’en suis soulagée. Je ne suis pas vraiment soulagée, je me rends compte qu’en fait il s’arrange toujours pour arriver à huit heures et demies du soir, quand j’ai lavé les enfants, quand ils sont couchés, donc il en fait le moins possible. Pire que ça, l’autre jour j’étais à un dîner, je vois deux jeunes qui étaient en train de s’embrasser et dire que j’étais comme eux quand j’étais fiancée. Franchement, qu’est-ce que j’étais ridicule ! Et là mon père je n’ai pas dit le pire : il n’y a pas longtemps j’ai rêvé et dans mon rêve je trompais mon mari. » Bon, qu’est-ce que je pouvais dire ?

 

Esprit Saint éclaire-moi. Et tout à coup, il me vient une chose : « Je pense que c’est bien plus grave que ce que vous pensez. Ce n’est pas votre mari que vous trompez, non ce n’est pas votre mari, c’est Dieu. » Alors là, déconfiture. « Mais oui, parce qu’au fond, vous demandez à votre mari qu’il tienne le rôle de Dieu, à savoir qu’il soit comblant, qu’il soit parfait, qu’il soit saturant de tous vos désirs, qu’il soit sans aucune faille. Et bien tout à coup vous êtes en train de vous rendre compte que votre mari vous déçoit, finalement qu’il est comme disait Charles Lambert une créature humiliée dans l’imparfait. Vous vous rendez compte qu’il a des limites, et bien maintenant vous allez commencer à l’aimer. »

 

Et je pense en effet que tant que l’on idéalise l’autre, d’abord on n’est pas dans le réel, et surtout on demande tout à l’autre.

 

Un des conseils que je donne toujours aux fiancés et après ça quand ils se sont mariés, parce que j’aime bien assurer le service après vente. C’est : « s’il vous plaît tant mieux que votre conjoint soit votre meilleur ami, mais surtout qu’il ne soit pas votre unique ami. » Et ça c’est très redoutable.

 

Quand l’autre est l’unique, on lui demande tout et moi il me paraît très heureux qu’on ait des amis en dehors. Concrètement, j’ai marié plusieurs amis philosophes qui ne sont pas mariés avec des philosophes. Quand on est philosophe, vous savez, la philosophie, on la chérit quasiment comme une épouse, Dame Sophie, et justement leur épouse n’est pas philosophe. Ils ont à demander à leurs amis philosophes ce que leur épouse ne pouvait pas leur donner, parce que ce n’est pas sa tasse de thé. Et de ce fait-là, ils découvraient donc que leur épouse leur donnait quelque chose d’essentiel mais ne leur donnait pas tout. Et ça commence tôt là aussi, d’apprendre à avoir plusieurs amis, donc de sortir de l’exclusivité pour justement se rendre compte que la diversité est maître.

 

Quand petit à petit on sort de la désidéalisation, de la désidolatrisation si je puis parler ainsi, on se rend compte donc qu’on peut aimer pour toujours. Et juste vous rappeler un petit point, qui termine cette première partie. Avez-vous remarqué quand vous allez aux messes de mariage, dans l’échange des consentements, la condition essentielle qui est demandée par l’Eglise pour que deux personnes se marient ce n’est pas qu’elles s’aiment. Je n’ai jamais entendu un prêtre demander aux époux : « Est-ce que vous vous aimez ? » Non. La question c’est : « Veux-tu te donner ? » Et la réponse, vous savez, c’est que « Je me donne à toi et je te reçois. » Ça montre bien que le cœur de l’amour, le cœur du mariage, certes on peut dire que c’est l’amour, mais attention, l’amour au sens de « je me donne et je te reçois » C’est bien les deux, parce que parfois on a plus de facilité à donner, mais il faut parfois beaucoup d’humilité pour recevoir et pour recevoir de l’autre comme il veut et quand il veut. Cette grande patience [ndlr : longanimité] qui, nous dit saint Paul, dans les caractéristiques de la charité, est la première caractéristique de l’amour."

 

Conférence du Père Pascal Ide, Forum de l’Amour du 29 janvier 2005.

Sources : http://www.generationjpii.org/article775.html et http://www.forumdelamour.com/

 

 

Première partie : "Être soi-même pour rencontrer son promis ou sa promise"

Deuxième partie : "Se donner, ce n’est pas s’immoler"

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 07:00
Suite de la conférence sur un sujet qui nous intéresse tous et toutes. L’historiette sur le football est représentative de ce que nous avons tendance à interpréter… alors que le plus simple est souvent d’en parler ;-) Appel lancé aux anglophones : la traduction du Père Ide est-elle pertinente ? La traduction la plus proche de cette expression anglaise serait « Apprécie-toi ». Bonne lecture !

 

 

Deuxième partie :
"Se donner, ce n’est pas s’immoler"

 

"Donc en s’interrogeant sur cette question de la vocation au mariage, j’avais deux grandes voies. Une des questions importantes qui est souvent posée, c’est la question du rapport entre être soi et être l’autre.

 

Quand on parle du mariage comme lieu d’épanouissement, où le mot d’ordre est un peu : « Enjoy yourself » (*), « Jouis-toi de toi-même ». Une grande interrogation aujourd’hui, c’est : « Est-ce que véritablement on peut être soi si l’on est donné à l’autre ? » Un jour dans le train, une dame qui a vu mon col romain, s’approche de moi : « Ah mon père, j’ai quelque chose à vous dire. Ça fait quinze ans que je suis mariée et imaginez que cela fait quinze ans que tous les samedi après-midi, je regarde à la télévision avec mon mari le football. Mon père, j’en ai la nausée. Ah mon mari, il aime le football, il le regarde, il le pratique. Et pour la première fois j’ai osé dire à mon mari que c’était terminé le football. Je ne suis pas mariée avec le football, je suis mariée avec mon époux. » Et son mari est tombé des nues : « Attends, je ne me souviens pas une seule fois que je t’ai demandé de t’asseoir sur le canapé à côté de moi tous les samedis après-midi pour regarder un match de football. » Et donc elle s’est rendue compte ce jour-là que en fait son mari ne lui avait jamais demandé, elle s’était imaginée qu’elle devait comme nier son identité pour être tout à fait en accord avec l’autre.

 

On ne construit pas l’amour de l’autre sur les décombres de l’amour de soi. C’est tout à fait essentiel. Se donner, ce n’est pas s’immoler. Au contraire, plus on est en connexion avec soi et plus on peut être en relation avec l’autre. Et cette femme-là pensait que nier son bien pour faire celui de son mari, lui permettait à elle d’être vraiment donnée à l’autre. Non.

 

Moi je conseille régulièrement à des personnes mariées de prendre du temps pour elle tous les jours, pas seulement du temps pour Dieu, du temps avec nous, du temps pour soi. Je suis assez frappé de voir qu’au bout d’un moment, on est tellement happé, surtout dans les grandes villes, happé par la vie, qu’on n’a plus le temps d’avoir une intériorité ; quand on n’a plus d’intériorité, on n’a plus d’intimité avec l’autre. Il est essentiel d’avoir du temps pour pouvoir être soi pour aller vers l’autre.

 

Il y a ce que le Christ nous dit pour reprendre une parole de l’Ancien Testament : « Aime ton prochain comme toi-même ». Cela signifie que l’amour de l’autre c’est comme l’amour de soi.

 

Quel est celui ou celle d’entre vous qui voudrait être aimé par quelqu’un qui se hait, par quelqu’un qui ne s’aime pas ? On sait bien à quel point nous sommes redoutablement lucides pour repérer chez l’autre les défauts que l’on repère chez soi et que l’on n’aime pas chez soi.

 

Donc il est essentiel pour aller vers l’autre dans le sacrement de mariage d’avoir du temps d’être un bon ami de soi-même. Nous sommes notre plus proche prochain. Il n’y a donc pas d’incompatibilité entre le mariage et l’épanouissement personnel. Jean-Paul II à un moment commente une parole qu’il aime beaucoup, qui est du concile Vatican II d’ailleurs : « L’homme est une créature sur terre, que Dieu veut pour elle-même, ne se trouve que dans le don sincère de lui-même, l’homme ne se trouve que dans le don sincère de lui-même. »

 

Or, dit Jean-Paul II, se trouve le don sincère accompli. Et vous savez d’où vient le mot « sincère » ? Ça vient du latin, sine cera. Autrefois, quand les femmes qui faisaient du miel, quand elles voulaient tromper celui à qui elle vendait leur miel, elles prenaient le miel et elles le coupaient avec de la cire, qui est de la même couleur. Et les gens qui étaient honnêtes ne mettaient pas de cire dans leur miel, autrement dit ils vendaient un miel sans cire, un miel sine cera, autrement dit un miel sincère. Donc un cœur sincère est un cœur qui n’est pas mélangé. Et en l’occurrence qui, s’aimant lui-même, peut aller vers l’autre, parce qu’il y a de la place en lui pour accueillir l’autre. La chambre à coucher n’est pas la pièce où l’on accueille les autres. Ce sont deux pièces différentes."

 

Conférence du Père Pascal Ide, Forum de l’Amour du 29 janvier 2005.

Sources : http://www.generationjpii.org/article775.html et http://www.forumdelamour.com/

 

(*)"To enjoy" : goûter, aimer, jouir, savourer ; "To enjoy oneself" : se plaire, se distraire, s'amuser.

 

 

Première partie : "Être soi-même pour rencontrer son promis ou sa promise"

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 07:00
La conférence vous est présentée en une série de huit articles sur le blog. Voici la première partie dont le contenu est très riche. Chaque partie trouve son intitulé dans le texte, ce qui est bien entendu un point de vue autant qu'un parti pris ;-) L'équipe du blog souhaite à ses lecteurs et lectrices de discerner la sagesse des paroles du Père Pascal Ide. Tout est vrai à qui sait voir, à qui veut entendre, à qui cherche à comprendre la volonté de Dieu. Puisse votre liberté intérieure vous guider en priant le Saint-Esprit de nous éclairer sur notre chemin. Bonne lecture !

Première partie :
"Être soi-même pour rencontrer son promis ou sa promise"


"Merci de m’accueillir parmi vous. Quand je suis arrivé tout à l’heure, j’étais très heureux de voir à la fois l’organisation, de la peine, la peine qui est le fruit de la bonne organisation et aussi la beauté de ce qui a été préparé avec une touche masculine et une touche féminine. Je ne dis pas que les femmes sont préposées à décorer et les hommes à organiser, je dis « touche masculine », « touche féminine ». Et ça me dit quelque chose de cette vocation, de cette superbe vocation au mariage dont nous allons maintenant un peu nous entretenir.
 
Il me venait à l’instant même la parole que m’avait dit le prêtre lorsque j’avais fait la retraite de discernement qui m’a conduit à choisir la vocation de prêtre. Il m’avait dit : « Pascal, la plus belle des vocations, c’est le mariage, point. » Être prêtre, c’est renoncer à la plus belle des vocations. Ça ne veut pas dire que ce ne soit pas une belle vocation mais c’est dire que ce dont je vais vous parler, comme un paradoxe que ce soit un prêtre qui vous parle du mariage, c’est quelque chose d’immense qui n’annule pas pour autant l’autre voie dont on nous a parlé tout à l’heure.
 
Ce n’est pas évident de parler du mariage aujourd’hui. J’ai vu tout à l’heure une étude qui a été faite par un institut de sondage qui disait une étude qui a été faite je crois sur mille qu’aujourd’hui en 2004, disant que 80 % des jeunes désirent se marier jeunes de 15 à 25 ans avec une personne, pour toute leur vie, mais 10 % seulement estiment qu’elles arriveront à dire oui.
 
Je pense, qu’en effet, on est un petit peu entre les deux. D’un côté, l’aspiration est très claire : des filles sur lesquelles on rêve, voire on fantasme, sur des films qui montrent toujours un amour monogame, et donc sur lesquels on espère bien qu’ils puissent aimer tous les jours de leur vie. Et de l’autre côté, il y a plein de peurs. Est-ce que c’est lui ? Est-ce que c’est elle ? Est-ce que ça va durer ? Et les enfants ? Est-ce que c’est vraiment ça ? Est-ce que je ne me trompe pas ?
 
Une espèce de grande peur, une grande méfiance par rapport à soi-même. J’entends bien toutes ces peurs. On est un petit peu entre d’un côté la peur et de l’autre côté un immense désir, mais je crois que c’est quand même le désir qui l’emporte. Alors quand j’ai préparé un peu ce que j’allais vous dire, les questions sont tombées sur mon email et très consciencieusement j’ai essayé de répondre à ces questions. Donc j’aurais cinq points dans mon exposé et j’espère arriver au bout.
 
Premier point, la vocation au mariage. Je voudrais vous rappeler, j’espère que je ne répète pas des choses qu’on a déjà dites, une des paroles les plus importantes de Jean-Paul II, dans sa lettre sur la famille chrétienne, n° 11. Il dit : « L’homme, tout homme - quand je dis l’homme, c’est l’homme et la femme - l’homme est fait pour une seule chose, pour se donner. » On a beaucoup de chance. Le secret du bonheur tient dans l’accomplissement de trois lettres, le don. « Mais il y a deux chemins pour se donner. » Jean-Paul II dit : « la régulation chrétienne connaît deux façons spécifiques de réaliser la vocation à l’amour " c’est-à-dire au don " de la personne humaine dans son intégrité : le mariage et la virginité. L’une comme l’autre, dans leur forme propre, sont une concrétisation de la vérité la plus profonde de l’homme dans son être à l’image de Dieu. » C’est très important.
 
Ce n’est pas une évidence aujourd’hui. Je suis frappé de voir dans les sitcoms, des situations, aussi bien dans les travaux de sociologues, que de plus en plus se crée aujourd’hui l’impression qu’il y aurait une troisième voie, qui serait la vie en single, c’est-à-dire la vie en solo. On estime que finalement entre le mariage d’un côté, la consécration de l’autre, il y aurait une troisième possibilité qui serait un célibat qu’on accepterait, qu’on vivrait vaille que vaille, qui serait vraiment une possibilité d’épanouissement. C’est une vraie question, dans les grandes villes comme Paris, comme Lyon, etc. où il y a jusqu’à 45 % de célibataires. Donc, on se dit pourquoi ce ne serait pas une possibilité. Et plus que ça, moi je crois qu’aujourd’hui, l’étape au cours de laquelle on se pose la question de sa vocation se retarde. Je suis heureux de voir  Je suis un vieux parce qu’il y a une moyenne d’âge relativement jeune rapport à vous. Mais combien le sens du temps est tardif. Je me souviens d’un ami, 35 ans, qui avait une très bonne position professionnelle, qui va rencontrer son patron, très haut placé, que je ne vais pas nommer parce que vous le connaissez tous, et il lui dit : « J’aurais une petite idée sur un poste intéressant en Californie. » Et le patron lui dit : « Dis-moi plutôt ce qui t’intéresse dans la vie ? » Il commence à lui parler de ses projets notamment même de sa vie dans sa dimension intellectuelle et spirituelle, il était chrétien.
 
Son patron l’écoute et lui dit : « Entendu, c’est vrai que ton projet de travail paraît extrêmement intéressant. Dis-toi seulement une seule chose : si tu veux le réaliser, aujourd’hui tu as 35 ans, quand tu auras vraiment réalisé ton objectif, tu auras 40 ans. » Et cet ami m’a dit : « Quand je suis sorti, pour la première fois de ma vie, j’ai pris conscience que l’horloge tournait. » Vous mesdames, mesdemoiselles plutôt, l’horloge biologique, vous connaissez ça mieux que nous. Nous, les hommes, on met du temps pour se rendre compte qu’on vieillit tout simplement. Et d’où vient cet espèce de schéma que je connais chez beaucoup de personnes qui fait qu’on a l’impression qu’il faut d’abord bien réaliser sa vie étudiante, avoir les bons diplômes en main, après ça, il faut commencer à bien mettre en place un projet professionnel, et après éventuellement on pensera à sa vocation. Ces espèces de schémas successifs qui viennent à pousser dans nos esprits ?? Régulièrement j’ai la joie de pouvoir marier et tout récemment une personne qui avait 22 ans. Et quand elle s’est mariée, elle venait juste de terminer son diplôme d’études d’infirmière. Au nom de quoi, est-ce qu’il faut avoir tout terminé pour se marier ? Il n’y a pas de raison. On ne veut pas être à la charge de ses parents, pourquoi ? Au nom d’une quantité d’idées toutes faites qui me paraissent tout à fait discutables. Autrefois, on se mariait bien plus tôt et pourquoi on ne se marierait pas plus tôt à partir du moment où on est suffisamment soi-même pour aller rencontrer l’autre ?"
 
Conférence du Père Pascal Ide, Forum de l’Amour du 29 janvier 2005.
Sources : http://www.generationjpii.org/article775.html et http://www.forumdelamour.com/
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Published by Célibataire catholique V. - dans Célibat en vue du mariage
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  • : Ce blog apporte du sens sur la question du célibat des chrétiens/chrétiennes qui ont vocation à se marier religieusement et à fonder une famille chrétienne. Le blog répertorie les sites, les documents, propose la découverte de témoignages vécus sur le célibat chrétien non-consacré et apporte son grain de sel (de la Terre) sur cette question ô combien délicate. Frères et Soeurs, nous sommes plusieurs à vivre ce chemin de Vie qui nous fait franchir les difficultés pour mener au bonheur.
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