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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 07:00

Septième partie de la conférence. La Divine Providence est facétieuse, elle agit toujours là où on l'attend pas. Entre "Les paroles ne suffisent pas, les gestes comptent" ou son contraire "Les actes ne comptent pas autant que les paroles", comment bien discerner ? En apprenant à bien connaître son promis ou sa promise. Bonne lecture !

 

 

Septième partie :
"C’est le premier signe important :
la parole sans ambiguïtés"

 

"Autre fausse conception de Dieu. Comme je n’ai pas confiance en moi, comme je sais que la situation est incertaine et que même si j’ai le bonheur de rencontrer quelqu’un qui serait une espèce de croisement improbable de Brad Pitt, Albert Einstein et saint François d’Assise, ou bien Julia Roberts, Marie Curie et mère Teresa, que même si je rencontre cet être pratiquement improbable même là il y a encore un risque. Seigneur je te demande de pouvoir être celui qui m’assure de...

 

Dieu n’est pas une assurance tous risques. Dieu ne retirera pas les difficultés de votre chemin. Il sera avec vous et vous accompagnera, c’est tout à fait différent. Soyons bien clair là-dessus. Parce que qu’est-ce qui va se passer ? Une mère de famille qui me racontait ça : « J’ai demandé à Dieu depuis des années qu’Il résolve mes problèmes avec mes enfants et finalement Dieu n’a pas répondu. Et aujourd’hui je suis révoltée parce que je me rends compte que Dieu n’est plus là. » Et donc on se rend compte que Dieu n’est plus là. Et donc on se rend compte que cette prière qui demande à Dieu de faire à notre place subtilement provoque son contraire et finalement on est en révolte.

 

Alors par rapport à cela, par rapport aux signes qu’on demande à Dieu, il peut y avoir une grande ambiguïté. Je vais vous donner un exemple concret. Une personne qui était amoureuse d’une autre, une jeune femme qui était amoureuse d’un jeune homme, et qui prévoit de partir dans un voyage organisé où ce jeune homme se trouvait. Oh c’est merveilleux, on pourrait davantage se connaître. Et elle se rendait bien compte qu’il n’était pas indifférent, elle était vraiment amoureuse et lui n’était pas indifférent. « Mais est-ce qu’il faut que je parte ? Bien le meilleur moyen de savoir, je prends ma bible, j’ouvre ma bible et je demande un texte au bon Dieu. » Et elle tombe sur le texte : « Je t’emmènerai au désert, je te fiancerai à mon cœur. » « Et je tombe sur ce texte-là qui parle de fiançailles : c’est clair, merci Seigneur, je pars. »

 

Elle part en goum. Et voilà que contre toute attente pendant le voyage, le jeune homme s’intéresse à une autre jeune fille ; il s’y intéresse même tellement que finalement il s’est marié avec elle. Et quand je la rencontre, et qu’elle me raconte son histoire, elle était dans une révolte noire : « Non seulement, il est parti, il m’a quitté, mais le bon Dieu m’a donné un signe et il m’a trahi. » Alors est-ce que Dieu l’a trahie ? Est-ce que c’était vraiment un signe de Dieu ? Pour qu’il y ait signe de Dieu, il faut que notre cœur soit suffisamment neutre, soit suffisamment indifférent pour pouvoir envisager l’hypothèse A et l’hypothèse contraire. Donc déjà que le cœur soit paisible.

 

Or quand on est amoureux, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on est déjà très orienté. Pour l’amoureux, tout est signe. « Oh mon père, je suis assis là, ça fait trois fois que cette jeune femme blonde s’assied, c’est absolument certain qu’elle est pour moi. » Ah oui, il n’a pas remarqué que cela fait quatre fois que cette jeune femme brune s’est assise de l’autre côté.

 

Ah, c’est clair que le désir prédestine l’orientation donc le cœur n’est pas vraiment libre. Et puis deuxièmement, il peut y avoir une subtile manipulation du Seigneur, parce que pour que Dieu parle comme ça, avec des mots dans l’Ancien Testament. Ne demandons pas à Dieu ce que notre intelligence elle-même ne résoudrait pas. Dieu voit dans sa création.

 

Bon imaginons que l’intelligence humaine soit courte, saint Jean de La Croix qui dit ça. Mais là encore, pour obtenir un signe de Dieu, il aurait fallu qu’elle lui demande : « Si c’est ça donne-moi des signes, si ce n’est pas ça donne-moi des signes ou inversement que je ne tombe pas sur la bonne page où il n’y ait pas le mot fiançailles. » Il est écrit de nombreuses fois dans l’Ancien Testament.

 

Mais en l’occurrence, donner la possibilité à Dieu de dire oui ou non. Comme ce n’était pas le cas, elle a récupéré la parole de Dieu dans son sens à elle.

 

Donc je ne dis pas que Dieu ne donne pas de signes. Lorsqu’on est amoureux, c’est délicat d’interpréter. En l’occurrence, si on ne veut pas se tromper, c’est vrai qu’il y a toujours la possibilité et donc je pense que dans ce domaine-là, les deux signes véritables sont les suivants : le premier c’est que l’autre me dit : « C’est toi que j’aime et avec qui je veux faire un bout de chemin. » Je dis ça notamment pour vous mesdemoiselles, vous avez une capacité à interpréter qui est tout à fait admirable, qui est tout à fait riche, mais le fait qu’il vous ait simplement frôlé le bras ne signifie pas qu’il est en train de rêver à vous épouser.

 

Non, vous avez une capacité d’interprétation très très grande sans aucun doute, mais les gestes ne suffisent pas, ce sont les paroles : « Je suis prêt à m’engager avec toi. Je dis bien faire un bout de chemin ensemble, je ne parle pas encore de se marier, au moins faire un bout de chemin. » C’est le premier signe important : la parole sans ambiguïtés.

 

Et deuxièmement l’ultime signe réel, c’est le signe du sacrement de mariage. « Je me donne à toi. » Ça c’est vraiment le signe par lequel Dieu lui-même s’engage. Alors quand je dis cela, je n’empêche pas du tout au contraire qu’on demande à Dieu de préparer notre cœur. Il est important de préparer son cœur et de préparer son cœur aussi dans la prière à son futur conjoint. De ce fait-là, de prier tous les jours pour lui me paraît non seulement souhaitable mais tout à fait désirable pour ouvrir notre cœur.

 

Ce que je dirais c’est que là encore il y a un juste milieu. Il y a celui qui ne prie jamais, qui n’a confiance que dans ses propres forces, et c’est bien dommage de ne pas mettre Dieu de son côté, si je puis parler ainsi, mais de l’autre côté il y aussi celui qui ne fait que des pèlerinages, il est complètement obsédé. Alors à cette personne, je lui dis volontiers : « Dès que vous avez une prière pour votre futur conjoint, ayez aussi une prière pour votre vocation profonde qui est de vous donner. Or, si vous n’êtes pas encore aujourd’hui marié, aujourd’hui par contre vous pouvez vous donner. Et si vous vous êtes donnés aujourd’hui, votre journée n’est pas perdue. » « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour », disait saint Jean de la Croix. Et donc si au soir de cette journée, vous avez aimé, votre journée a été belle. C’est ce que Dieu verra lui-même dans vos yeux, ce dont Il vous remerciera. Il est important d’équilibrer. Il faut se rappeler que notre vocation fondamentale c’est le don. Et le mariage est un chemin vers le don."

 

Conférence du Père Pascal Ide, Forum de l’Amour du 29 janvier 2005.

Sources : http://www.generationjpii.org/article775.html et http://www.forumdelamour.com/

 

Première partie : "Être soi-même pour rencontrer son promis ou sa promise"
Deuxième partie : "Se donner, ce n’est pas s’immoler"
Troisième partie : "Ces petites délicatesses qui font justement tout le secret de l’amour"
Quatrième partie : "Il y a besoin de prendre du temps pour se connaître l’un l’autre"
Cinquième partie : "Le courage, c’est d’affronter la peur"
Sixième partie : "Dieu nous a créés libres"

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Published by Célibataire catholique V - dans Célibat en vue du mariage
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