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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 07:00
Quatrième partie de la conférence. Dans le déroulement de notre vie, nous sommes habitués à enchaîner les étapes. Comment vous ouvrir à l'inattendu si vous vous focalisez sur l'objectif ? Sincères dans leur volonté de bien agir, des hommes et des femmes (vous peut-être qui lisez cet article) établissent une "liste des courses" (variantes : "grille de lecture", "cases à cocher", etc.) élaborée selon des critères définis, voire très arrêtés : égoïsme et quête de la perfection sont des tentations dont il vaut mieux s'éloigner. Quelquefois, les chemins détournés révèlent la volonté du Très-Haut. Bonne lecture !

 
 

Quatrième partie :
"Il y a besoin de prendre du temps
pour se connaître l’un l’autre"

 

"Deuxième point, les critères de l’appel. Ah, question concrète : « Mon père, comment savoir si Roméo est fait pour moi, moi qui m’appelle Juliette ? » Et vice et versa. Comment discerner l’homme ou la femme de ma vie ? Vous allez enfin avoir la réponse. Je ne suis pas certain. Mais, en tout cas je vais essayer de vous donner des choses concrètes.

 

Je distinguerai trois grandes sortes de critères.

 

Premier critère le plus évident, critère subjectif : je ne vais pas revenir là-dessus parce qu’on vient de le voir, c’est assez simple. Si l’on ressent quelque chose pour l’autre, tout simplement. L’amour est une hallucination, c’est saint Augustin qui disait : « tendez les doigts à un enfant et l’enfant lui-même avec sa main veut s’approcher des doigts » le désir de l’autre c’est comme une espèce de lien invisible qui m’attire.

 

Le premier critère c’est : « est-ce que je ressens quelque chose pour l’autre évidemment ? En effet, il y a en moi quelque chose qui tressaille. » Là-dessus, ne cloisonnez pas trop l’amour et l’amitié. Je me rends compte que beaucoup de célibataires qui arrivent à un certain âge ont un certain nombre d’amis mais pour autant ils ne s’estiment pas amoureux d’eux. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais on dit bien qu’on ressent de l’amitié, si on ressent de l’amitié c’est donc bien qu’il y a du sentiment dans l’amitié et à trop cloisonner, à trop, au sens étymologique du terme, désérotiser l’amour, Eros c’est l’amour, au sens sensible du terme, à trop désérotiser la relation avec l’autre, notamment la relation d’amitié, on ne se rend plus compte que finalement parmi ses amis il pourrait y avoir quelqu’un que l’on épouse.

 

Je suis toujours étonné quand un bon nombre de personnes qui sont mariées depuis un certain temps disent bien que le conjoint est leur meilleur ami. À trop mettre de cloisons étanches, on oublie qu’avec des amis qu’on a depuis un certain temps finalement nous nourrissons un certain nombre de points de communion, d’affinités, qui pourraient très bien fonder un véritable amour.

 

Et le deuxième critère, le plus important, un critère objectif. Première chose évidente : ce qui est en commun, c’est quand même assez difficile. Donc, il y a des éléments en commun et naturellement les valeurs qui nous sont fondamentales et les plus chères. J’ai marié plusieurs couples dont l’un était croyant, l’autre incroyant, c’est possible mais ce que j’ai remarqué c’est que plus les différences sont grandes et plus l’amour doit être fort et, de fait, plus il y a besoin de prendre du temps pour se connaître.

 

Même lorsque les différences touchent la foi, il peut y avoir dans un couple un véritable fossé lorsque les questions essentielles se posent. Je pense à un couple, où un enfant malformé est attendu, il apparaît tout à coup de manière tout à fait claire les différences fondamentales, même sur le plan éthique. Donc qu’il y ait du commun, et en sachant que même si vous avez 99 % en commun, vous vous disputerez sur le 1 % qui est différent.

 

Un exemple concret : un couple, quinze ans de mariage ; le mari savait que s’il voulait agacer son épouse, il y avait une chose à faire, c’est lorsqu’il rentrait le soir, il prenait sa serviette et il la mettait au milieu de la pièce, il l’a toujours fait chez lui. Et son épouse aimerait qu’il mette sa serviette à côté de l’endroit où il mettait son manteau. Et pendant quinze ans, il a mis la serviette au beau milieu et qui aurait pensé à parler de ça ? Ce petit geste tout simple a fait qu’au bout de quinze ans il y avait un énervement mutuel au bord de la séparation. Jusqu’au jour où il s’est dit : « non mais c’est vrai, je lâche, je dépose ma serviette là. » Et ce tout petit geste a été en fait un immense parcours intérieur. Donc ça nous montre que si on veut avoir la garantie que nos 99,98 % est commun entre les deux ça suffit. Non.

 

Pour moi, les deux critères les plus importants sont les suivants : le premier, c’est la capacité à changer. Quand je prépare les fiancés, ce que j’essaie d’observer, c’est de voir dès le début très concrètement - un certain nombre de choses que je veux mettre en place -, s’il y a des difficultés de communication et deux mois, trois mois après, d’observer s’il y a véritablement eu un changement : s’il n’y a pas de changement, ça augure très mal de l’avenir. Et un changement en profondeur, pas un changement en soi. Parce que si on commence à changer, on pourra toujours changer et de fait il faut savoir qu’on aura toujours à changer, et tous les jours. Si elle aime bien dormir la fenêtre fermée et moi j’aime bien dormir la fenêtre ouverte, je suis désolé, il faut choisir entre l’un et l’autre ; et on peut véritablement se disputer sur des choses comme celle-là.

 

Et le deuxième point, le deuxième critère qui me paraît tout à fait essentiel ce n’est pas tellement de pouvoir changer c’est de savoir pardonner à l’autre. Ça me rappelle un couple qui s’entendait tellement bien, ils étaient à la limite désespérants, ils ne se disputaient jamais, mais vraiment jamais. À chaque fois que je les voyais, je leur disais « Mais est-ce qu’au moins vous vous êtes un petit peu disputés ? » Plus tard, un jour, je leur avais donné un rendez-vous pas possible, avec une carte vraiment nulle, occasion de se disputer, non ça n’a pas marché. Et enfin, une fois, ils s’étaient vraiment disputés. Joie, joie ! Je leur ai dit justement : « Maintenant vous vous êtes bien disputés, maintenant vous êtes bien déçus l’un de l’autre, vous vous êtes déçus vous-mêmes. » Qu’est-ce qui est le plus difficile parfois ? C’est de se pardonner à soi-même. Et bien maintenant, vous allez pouvoir surmonter cette déception et aller vers l’autre et donc ça veut dire que vous irez au-delà du mal qu’il vous a fait et vous pardonnerez.

 

Ce deuxième critère est tout à fait essentiel et demande l’aide de la grâce. Si ces critères sont en place et vous voyez que cela suppose qu’on ait un peu de temps, là je pense que ça peut durer. Le contraire même serait la formule terrible dont on dit de certains : « Ils n’ont rien appris, ils n’ont rien oublié ». Alors cela suppose de prendre du temps. Le président responsable de la pastorale du mariage et de la famille disait que pour des fiancés il comptait minimum six mois de préparation pour le mariage. Il m’est arrivé qu’on me dise : « Mon père, on se marie dans trois semaines. » Ils ont tout prévu, sauf le prêtre auquel on pense au dernier moment. On se donne peu de chance. Je ne dis pas qu’il faut autant de temps pour se préparer que pour devenir prêtre ou consacré, encore que quelquefois je me dis que ce ne serait pas si mal.

 

Troisième type de critère, c’est le critère directement divin si je puis dire ainsi. En tout cas, quelques petites conséquences concrètes. Se former.

 

Je suis frappé de voir le succès du livre de John Gray, "Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus", et je suis encore plus frappé de voir la difficulté qu’on a à se positionner comme homme et comme femme et que l’on se demande souvent quel est cet inconnu qu’est l’autre sexe. Et même si ce bouquin comportementaliste qui vient des Etats-Unis est parfois un peu caricatural, prendre le temps de découvrir quel est le mode de fonctionnement de l’autre sexe peut être parfois bien utile et notamment sortir de jugements sommaires qui très rapidement se transforment en accusations : les hommes sont tous des égoïstes, les femmes sont toutes un peu compliquées, c’est un peu rapide comme jugement. Donc se former.

 

Je crois, qu’en France, on a un certain nombre de bons ouvrages. Je crois que cela vaut la peine de lire le livre du père Quilici sur les fiançailles qui est un livre qui permet de préparer spirituellement et de découvrir un petit peu ce que c’est. Je crois qu’il est aussi important dans la formation de rencontrer des couples et des couples mariés parce qu’il n’y a rien de tel que l’expérience et rencontrer un couple, un couple avec lequel vous serez assez à l’aise pour lui poser des questions, permet de faire tomber un certain nombre d’idées ou tout simplement d’idées fausses. Prenez le temps d’aller rencontrer des couples qui ont une expérience sur la durée qui ne sont pas dans l’idéalisation et qui en même temps ont un véritable regard positif sur ce qu’ils vivent."

 

Conférence du Père Pascal Ide, Forum de l’Amour du 29 janvier 2005.

Sources : http://www.generationjpii.org/article775.html et http://www.forumdelamour.com/

 

Première partie : "Être soi-même pour rencontrer son promis ou sa promise"

Deuxième partie : "Se donner, ce n’est pas s’immoler"

Troisième partie : "Ces petites délicatesses qui font justement tout le secret de l’amour"

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Published by Célibataire catholique V - dans Célibat en vue du mariage
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