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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 20:17

Méditations pour le pèlerinage des célibataires du 24 mars 2007, à la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, Paris.
Par le Père Etienne Givelet, paroisse de Saint-Honoré d'Eylau, diocèse de Paris.


Première méditation

En marche dans ce carême, mettons-nous en écoute du Seigneur qui au creux de notre oreille veut nous parler. Qui mieux que l’auteur des psaumes (le psalmiste), lui qui a vécu, peut nous accompagner sur la route déjà entamée et qui se poursuit. Ce psaume 36 est un psaume de sagesse qui accompagne le juste au prise avec l’adversité et se révoltant devant l’homme méchant qui réussit. (versets 1 à 9). La révolte est comme confiée à Dieu.  

Ne t'indigne pas à la vue des méchants, 
n'envie pas les gens malhonnêtes ;

aussi vite que l'herbe, ils se fanent ; 
comme la verdure, ils se flétrissent
 

Fais confiance au Seigneur, agis bien,  
habite la terre et reste fidèle ;  
mets ta joie dans le Seigneur :  
il comblera les désirs de ton cœur.
 

Remets ton sort à Yahvé,  
fais-lui confiance, et lui, il agira.  
il fera éclater ta justice comme la lumière

et ton droit comme le plein midi.  

Laisse ta colère, calme ta fièvre, 
ne t'indigne pas : il n'en viendrait que du mal

les méchants seront déracinés, 
mais qui espère le Seigneur possédera la terre.

Deuxième méditation

Pour continuer la route, chemin de carême, tout comme les Hébreux qui goûtent la liberté après l’esclavage en Egypte, méditons sur l’œuvre de Dieu par Isaïe 55, 1-11. Le passage s’inscrit dans les thèmes majeurs de ce livre d’Isaïe : La fidélité de Dieu à son Alliance, la gratuité des dons de Dieu, l’écoute et la confiance. Dieu ne nous regarde pas toujours comme nous nous le pensons ! 

Vous tous qui avez soif, venez, voici de l'eau ! Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi donc : mangez de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses ! Prêtez l'oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je ferai avec vous une Alliance éternelle, qui confirmera ma bienveillance envers David. Lui, j'en ai fait un témoin pour les nations, un guide et un chef pour les peuples. Et toi, tu appelleras une nation que tu ne connais pas, et une nation qui t'ignore accourra vers toi, à cause du Seigneur ton Dieu, à cause de Dieu, le Saint d'Israël, qui fait ta splendeur. Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission.

Troisième méditation

Entrons dans ce mot du Christ: Si il nous maintient dans la prière, le texte qui suit peut ne pas être lu.

« Bienheureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux » Mt 5, 3 

Quel rapport y a-t-il entre Dieu et notre bonheur ? La réponse est donnée par Jésus dans le Sermon sur la montagne. Lisons un extrait d'un texte du Cardinal Jean-Marie Lustiger.

« Mathieu nous dit (4, 13 à 5, 2) qu'au début de sa « vie publique » en Galilée près de Capharnaüm, alors qu'il avait déjà appelé quatre premiers disciples et commence à prendre la parole dans les synagogues et à guérir des malheureux, Jésus « gravit la montagne » et se mit à enseigner la foule qui Le suivait.

La phrase que Mathieu place en tête de Son enseignement demeure surprenante près de deux mille ans plus tard: « heureux les pauvres de coeur (ou en esprit), car le Royaume des cieux est à eux ». Si une attitude intérieure de pauvreté est une condition pour accéder au Royaume des cieux, en quoi est-ce une clé du bonheur ?

Devant une telle affirmation, chacun réagit selon son tempérament. Ceux qui se savent riches au moins comparativement se sentent rejetés et menacés. Ceux qui estiment être défavorisés se demandent ce qu'il vivent « en esprit ». Bref, cette béatitude laisse mal à l'aise.

Pour tenter de la comprendre, prenons deux exemples de l'Evangile.

D'abord une parabole de Jésus, rapportée par saint Luc (12, 16-21). Un homme riche fait d'excellentes récoltes, au point de devoir bâtir de nouveaux greniers pour les engranger. Il se dit : « Repose-toi, fais bombance ». Mais Dieu intervient alors: « Insensé ! Cette nuit même on te redemandera ta vie. Et ce que tu possèdes, qui donc l'aura ? ».

Ce que vise ici Jésus, c'est la possession de richesses qui se retourne subtilement, sinon en esclavage pénible, au moins en paralysie. Cet homme se figurait que ses biens faisaient son bonheur. Sa vie était engourdie par cette illusion. Alors même qu'il pense posséder ses richesses, l'homme ne possède pas sa vie. Et ses richesses lui échappent.

On objectera peut-être que si cet homme avait manqué de tout, il n'aurait certainement pas été plus heureux, ni même forcément plus lucide. Ceux qui sont privés de l'essentiel et qui usent toutes leurs forces pour survivre doivent être aidés. Mais le bonheur ne réside pas davantage dans la satisfaction des besoins élémentaires que dans la jouissance de l'abondance. Si le dénuement est un drame qui peut effectivement empêcher de penser seulement au bonheur, la richesse, peut encore plus tragiquement parfois, tromper l'homme en se présentant comme la condition suffisante du bonheur, alors qu'elle n'y est même pas indispensable.  

Le second exemple se trouve toujours chez saint Luc (18, 18-23). Pendant que Jésus monte à Jérusalem, un notable l'interpelle :« Que dois-je faire pour recevoir en partage la vie éternelle ? »Après que cet homme a confié à Jésus qu'il observait les commandements à l'égard du prochain depuis sa jeunesse, Jésus l'appelle à faire le choix décisif: « une seule chose te manque. Tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres. Et puis viens, suis-moi ». L'évangéliste ajoute simplement que cet homme « devint tout triste car il était très riche ».

En invitant ce notable à se dépouiller de tout ce qu'il possède pour le donner en aumônes, Jésus ne lui a pas proposé une sorte de marché: échanger tous ses biens contre la vie avec Lui. Ni le Royaume des cieux ni le bonheur ne s'achètent. Jésus l'appelé à aimer Dieu par-dessus toutes choses l'homme a préféré son argent et reçoit en récompense la tristesse. Pourquoi ?

Le « riche » incapable de se procurer le bonheur de cette première béatitude est celui qui place toute son espérance dans ce qu'il possède. Il a substitué à la recherche de Dieu la possession de ses richesses, grandes ou petites. Il les aime plus que Dieu, à la place de Dieu, au lieu d'aimer Dieu par dessus-tout. L'appel de Jésus à le suivre lui en donne la soudaine révélation. Il est plongé dans la douleur de demeurer loin de Dieu, prisonnier de ses biens. L'homme peut être aliéné par ses propriétés, possédé par ce qu'il croit posséder, pris par ce qu'il se figure avoir acquis. Alors il n'est plus libre. Le test « infaillible » est qu'il devient incapable de donner « aux pauvres » ce qu'il lui appartient – en fait ce qu'il a reçu.

A l'inverse, la pauvreté « en esprit » consiste à se rendre libre pour Dieu, et ainsi recevoir le Royaume des cieux. « Viens avec moi, suis-moi ». Désencombré de lui-même, le voici disponible pour Dieu, capable de recevoir le « trésor caché » du Royaume.

Voir aussi: pélerinage du samedi 27 octobre 2007 - quelle est notre vocation?

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Published by le Père Etienne Givelet, diocèse de Paris / celibataire catholique L. - dans Méditations - prières
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